Compétences tunisiennes à l’étranger : Disponibilité à apporter davantage





Un débat franc a marqué la conférence des compétences tunisiennes à l’étranger, tenue hier à Tunis, sous l’égide de l’Office des tunisiens à l’étranger.
Il est vrai que les quelques dizaines de cadres installés à l’étranger, présents hier, ne représentent qu’une infime minorité des 8348 compétences tunisiennes recensées à l’étranger. Mais, il n’empêche que le débat a été franc avec M. Naceur Gharbi, ministre des Affaires sociales, de la solidarité et des Tunisiens à l’étranger.
Le ministre a dressé les priorités de son département, concernant ce segment spécifique de la population tunisienne. Il a expliqué que ces compétences peuvent agir dans plusieurs domaines : « l’investissement, l’emploi, l’exportation, le transfert des fonds et de la technologie, etc».
M. Naceur Gharbi a précisé que : « l’apport de ces Tunisiens ne se limite pas à leurs contributions mais s’étend à l’image qu’ils donnent de la Tunisie. Chacun d’eux est l’ambassadeur de son pays, vante ses sites touristiques, vulgarise ses produits caractéristiques et défend les avantages offerts en Tunisie pour les investissements étrangers. C’est ainsi que les Tunisiens peuvent affirmer leur fierté d’appartenir à leur pays et concurrencer les autres populations installées à l’étranger ».
Le ministre a fait remarquer que les ratios des Tunisiens à l’étranger sont faibles en matière de fonds transférés de l’étranger, comparativement à d’autres pays comme le Maroc, le Mexique, la Thaïlande, l’Inde, la Turquie, Sri lanka, etc. Il a exhorté cette population à renforcer son apport à l’essor économique, en disant notamment que « nous sommes tous des actionnaires en Tunisie».
Débat franc
La séance de débat, introduite par M. Naceur Gharbi, suite à son intervention en séance inaugurale, a permis aux compétences tunisiennes installées à l’étranger de faire part de leurs doléances et d’exprimer leurs vœux.
Ainsi, le professeur Abderrazek Oueslati, docteur chercheur à l’université de Poitiers, a souhaité «pouvoir contribuer en tant qu’acteur dans de telles conférences», surtout qu’il est déjà expert de notoriété internationale en matière d’émigration et qu’il a déjà contribué à plusieurs conférences internationales en utilisant la Tunisie comme référence.
Dr Rabhi, médecin à la retraite, a approuvé la proposition du ministre d’installer un « conseil consultatif des compétences à l’étranger». Il a également attiré l’attention de l’administration sur la couverture médicale des Tunisiens à l’étranger en Tunisie. «Les touristes bénéficient de l’accès aux cliniques privées alors que les Tunisiens de l’étranger ne bénéficient que de l’accès aux Etablissements publics de santé, ce qui ne constitue pas un rapport égalitaire », a-t-il observé. Il a reproché à l’office national du tourisme son manque de dynamisme pour vendre la destination Tunisie.
Dr Sondes Dougui, spécialiste en archéologie, installée à Aix-en-Provence, a remarqué que «Contrairement aux autres populations immigrées, les Tunisiens ne viennent pas consulter en matière de difficultés d’insertion culturelle et professionnelle et ce, faute de sensibilisation de leurs structures d’accueil». Elle a exprimé la disponibilité de plusieurs compétences tunisiennes à contribuer à cette dynamique d’encadrement et à l’institutionnaliser.
La conférence et, notamment, les interventions des compétences tunisiennes installées à l’étranger, ont laissé entendre leur disponibilité à contribuer davantage à l’essor économique de leur pays. «Encore faut-il les écouter et les faire participer», comme l’a souligné le professeur Oueslati.


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com