Festival de la Médina : Une voix d’Iran





Au pays de Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, les femmes chantent encore. C’est une forme de prise de parole, d'émancipation… Le spectacle est rare. Depuis la révolution islamique de 1979, les femmes iraniennes ont déserté les planches. Certaines d’entre elles, se produisent pour la diaspora iranienne en Europe et aux Etats-Unis. Ce n’est pas le cas de Zohra Kriminia, qui a donné un concert mardi dernier au Théâtre Municipal de Tunis dans le cadre du festival de la Médina. La chanteuse vit en effet à Téhéran, où elle n’exerce son art que dans des cercles de femmes. A la faveur de la timide ouverture sur le monde extérieur initié par l’actuel président réformiste Mohamed Khatami elle peut aussi donner des concerts à l’étranger. C’est ainsi qu’elle a donné des concerts en France et s’apprête à se produire, en 2004, en Allemagne et en Suède, en espérant faire une tournée à travers toute l’Europe. Quinquagénaire, titulaire d’une maîtrise en chimie, Zohra Kriminia n’a pas reçu une formation académique, mais elle a appris l’art du chant auprès des grands maîtres de son pays. Familiarisée avec les deux genres musicaux dominants en Iran, c’est-à-dire la musique classique, diffusée dans les circuits officiels, et la musique traditionnelle, vivace dans la population , la chanteuse affectionne le répertoire de la chanson soufie. Mardi, elle a chanté des poèmes de Jaleleddine Erroumi, Hafidh-Al-Chirazi et Sâadi, les trois grands noms de la littérature persane classique, mais dont l’œuvre garde une saveur contemporaine. Vêtue d’une robe noire, à manches longues et d’un gilet rouge richement brodé, les cheveux noirs retombant sur les épaules, assise au milieu des trois membres de sa troupe (Brahman Panahi, compositeur et au tar et cithare, Wahid Fitaï au def, Mehdi Ibrahimi au nay), la chanteuse a égrené ses chansons comme les perles d’un chapelet, sobre, pudique en déployant son potentiel vocal. Le public peu nombreux, mais connaisseur et acquis, ne lui a pas ménagé ses encouragements. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com