C.A. : Bon pour le moral, mais …





Après la défaite concédée en journée inaugurale face au CAB, sans compter son pâle visage,  nous étions curieux de voir comment allait évoluer le CA devant l’ASG à El Menzah.
Toutefois, avant d’entrer dans l’analyse purement technique de ce match, il est important de noter un fait important relatif à la vie de ce club populaire. En effet, à Bizerte, et maintenant à El Menzah, nous avons remarqué une certaine désaffection du public clubiste. Généralement, à domicile, le CA, quel que soit son adversaire, joue devant au moins 25.000 spectateurs. Samedi, ils étaient tout au plus 15.000 et cela ne peut être passé sous silence.
Ce qu’il faut rappeler, c’est qu’au cours de la dernière décennie, il est arrivé plus d’une fois au CA de perdre, mais à chaque, lors des rencontres qui ont suivies ces défaites, les supporteurs venaient encore plus nombreux. Et les exemples en ce sens foisonnent. Il y a donc un malaise au sein de la famille clubiste qu’il faut rapidement faire dissiper. Les promesses non tenues en matière de recrutement d’un véritable attaquant n’y seraient pas étrangères.
Ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’actuellement, en l’état actuel des choses sur le terrain, les choses ne risquent pas de s’arranger. Certes le CA a gagné, mais il n’a certainement pas rassuré ses plus fidèles fans. En effet, lors de la mi-temps initiale et même en début de seconde période, nous avions vu une équipe apathique, lente dans ses manœuvres, avec le même jeu stéréotypé et inefficace.
Par rapport au match de Bizerte, la défense a enregistré deux changements. Le premier a trait à la titularisation du transfuge de l’O Béja, Sami Nefzi qui a été l’auteur d’une sortie encourageante. Le second est la non titularisation de Ben Amor qui pourtant n’était pas le plus mauvais lors de la dernière rencontre. Derbali le remplaça et Ifa retrouva son flanc droit. Pour ces deux derniers, ils ont été tout juste moyens et dire que l’adversaire n’était pas un foudre de guerre. Derbali a paru très hésitant et fébrile, alors que Ifa est transparent sur le plan offensif, se cantonnant dans un rôle purement défensif. Quant on connaît l’importance de l’apport des montées des latéraux en phase offensive, nous comprenant pourquoi le CA peine à créer un volume de jeu consistant.
Un entrejeu à revoir
La principale pièce pour actionner un véhicule et le propulser est le carburateur. C’est la pièce qui envoie le jus, l’essence, élément fondamental pour le fonctionnement du système. Au Club Africain, le carburateur connaît quelques dysfonctionnements qui entravent les autres mécanismes.
Le milieu de terrain est un secteur névralgique qui influe sur la marche de toute l’équipe. Qui est maître du ballon est maître du jeu. Reste qu’il faut savoir faire un bon usage du cuir. C’est à ce niveau que le bât blesse le plus.
En effet, le CA évolue comme l’année dernière en 4-2-3-1. Les deux, ce sont les deux pivots, les deux milieux récupérateurs qui font le lien entre la défense et les lignes avant. Or, si l’on part du postulat qu’hormis Mehdi Mériah, les défenseurs du CA sont de mauvais « relanceurs », c’est donc à Karim Aouadhi et Helmi Hmam que revient ce job. Reste qu’en dépit de leur bonne volonté, ils n’ont pas encore été à la hauteur. Bien entendu, ils bénéficient de circonstances atténuantes en ce début de saison.
Cependant, Hmem et Awadhi sont moins à blâmer que d’autres. Et là, nous ne pouvons pas ne pas citer Oussama Sellami qui en dépit de son but, ne pèse pas beaucoup sur le jeu de l’équipe. Sa lenteur est manifeste et son jeu est hyper stéréotypé. Aucune originalité. De plus, il a cette fâcheuse tendance à trop décrocher empiétant sur les plates-bandes de ses coéquipiers, au lieu de soutenir l’avant de pointe, en l’occurrence Akrout.
Quelques énigmes
Ce dernier demeure lui aussi une énigme. Comme à Bizerte, il a été transparent. Il n’a eu qu’un seul tir à se mettre sous la dent en début de match. Par la suite ce fut le néant. Après sa sortie pour blessure, c’est une autre énigme qui a fait son apparition, Hamza Messaadi. Quant est-ce que ce joueur va un peu muscler son jeu pour peser un peu sur les défenses ?
Il est clair, net et sans bavures que le CA a un besoin urgent d’un vrai avant de pointe. Mais, cela nous l’avons tellement ressassé et comme l’a si bien dit Victor Hugo, le célèbre écrivain français : « Nos chimères sont ce qui nous ressemble le mieux ». Zouhaier Dhaouadi, le principal animateur de la ligne avant est à la recherche de sa meilleure forme, celle du début de l’année écoulée. Quant à Youssef Mouihbi que les fans portent beaucoup dans leur cœur, il a besoin de quelques matchs avant de retrouver la plénitude de ses moyens.
Mais, la 3e énigme est Nour Hadhria. Se disant partant, il est plus fort quand il s’agit de négocier son contrat. Samedi, il a été aligné d’emblée. Rarement il a pesé sur le jeu de l’équipe. Il est vrai que Nour a l’habitude de jouer plus axial. Mais, tout de même, connaissant les qualités intrinsèques de ce joueur, nous nous disons qu’il est capable d’apporter un plus à l’ensemble quel que soit le poste qu’il occupe. Quand le papillon va t-il enfin sortir de sa chrysalide ?
Un petit comparatif, Nour Hadhria était le patron de la sélection cadette qui a joué en Coupe du monde, en Corée du Sud, sous la direction de Maher Kanzari. Deux des coéquipiers de Nour, à savoir Msakni et Ayari ont atterri par la suite au Parc B et ils sont devenus deux pièces maîtresses. D’ailleurs, c’est ce dernier qui a débloqué l’Espérance en Ligue des champions face à Dynamos du Zimbabwe en provoquant un penalty. Pourtant, en valeur pure, Nour Hadhria n’était pas inférieur à ces deux joueurs, tout comme d’ailleurs Bilel Ifa qui a filé du mauvais coton l’année dernière. Il est donc important de se pencher sur les véritables raisons qui obstruent l’avancée des clubistes. La saison vient de commencer et le mercato n’a pas encore fermé ses portes. Au lieu de se renforcer, le CA a plutôt laissé filer deux éléments de base de l’ensemble Ben Yahia et surtout Alexis. Les a t-on remplacé ? A t-on essayé de palier les insuffisances qui ont coûté les titres l’année écoulée ? Le CA veut-il réellement jouer pour le titre ?
Pour le moment, l’équipe bénéficie d’un moment de répit pour poursuivre son travail. La victoire enregistrée contre l’AS Gabès est excellente pour le moral. D’ailleurs tout le monde a vu le visage du CA après le premier but marqué et notamment après le second. Deux visages diamétralement opposés. Nous avons vu après la 2e réalisation une autre équipe, totalement libérée, plus alerte. Comme quoi la confiance est également un élément déterminant et le CA en manque actuellement terriblement.
François Bracci résume un peu cette réalité : «il y a une forte pression autour du club. On ne peut donc pas nous contenter d’être approximatif. L’ASG s’est défendu becs et ongles pour nous contrer. C’est toujours pareil dans ce genre de scénarios. Quand on a ouvert le score, on a retrouvé la confiance».


A.S.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com