Farida : Une pensée pour l’Irak





Le maqam irakien était à l’honneur, mercredi au Théâtre Municipal de Tunis avec le concert de Farida, une chanteuse irakienne résidant aux Pays-Bas. Hasard de la programmation ou cafouillage regrettable: deux salles du centre-ville, le Théâtre Municipal de Tunis et le Quatrième Art, séparées par une centaine de mètres, ont programmé, mercredi soir, deux soirées irakiennes, Farida et la troupe du maqam irakien dans la première, et le luthiste Nassir Chemma dans la seconde. Les mélomanes férus de musique irakienne ont donc dû faire un choix cornélien et rater l’un ou l’autre spectacle. Et c’est dommage. On ne peut pas dire que cette programmation a rendu service à l’Irak. A qui donc la faute? Ce cafouillage explique la faible affluence du public au Théâtre de la Ville de Tunis qui était habituellement plein. Le concert était pourtant de très haute facture musicale. Farida, grande spécialiste du maqam irakien, à la voix puissante, profonde et mélodieuse, a su tenir son public pendant près de deux heures. Force, aisance et charme sont les trois mots qui définissent le mieux la performance de cette cantatrice racée, pour qui le maqam irakien et le tarab oriental n’ont aucun secret. Sa tâche a été facilitée par la troupe qui l’accompagnait, dirigée par Mohamed Houcine Gamar et composée de six musiciens, tous diplômés de l’Institut supérieur de musique et de la faculté des Beaux Arts de Bagdad. La chanteuse a entamé son tour de chant par une “Elégie de Bagdad” sur un texte du grand poète palestinien Mahmoud Darwich, chanté avec une ferveur, une douleur non dénuées de nostalgie. Une grande émotion a traversé la salle à l’évocation du fleuve Le Tigre, de Roussafa, des jardins de Babylone et de Ninive. Le ton était donné et Farida d'égrener ses chansons comme les perles d’un chapelet. Vers la fin du concert, Farida a eu la délicatesse d’interpréter une chanson de notre Saliha nationale: “Yelli Boôdek Dhayaâ Fekri”. La puissance de sa voix, sa maîtrise vocale ainsi que son sens de l’improvisation et de la digression —qui sont parmi les caractéristiques du maqam— ont donné à cette interprétation une tonalité quasi-religieuse. Le public n’a pas manqué d'exprimer sa gratitude à la chanteuse et à sa troupe en applaudissant chaudement et longuement à la fin du concert. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com