Voiture particulière : L’ère de l’automobiliste roi…





La voiture individuelle assure 32% des déplacements en Tunisie et se place comme le premier moyen de transport.
En Tunisie, l’automobile ne connaît pas la crise. Ni la cherté des hydrocarbures, ni la hausse des prix des voitures, contrairement aux tendances mondiales, ont incité les Tunisiens à renoncer à leur passion pour les quatre roues, petites et grandes cylindrées confondues. La razzia automobile qu’on constate désormais à toute heure de la journée en est révélatrice. Selon une récente étude de l’Agence nationale de la maîtrise de l’énergie (ANME) la voiture particulière est devenue le premier moyen de déplacement en Tunisie. Elle assure 32% des déplacements contre 31% pour les véhicules privés de transport (taxis et voitures de louage) et 27% pour les moyens de transport collectif publics ( bus, métros, trains…).
Cet engouement pour les voitures particulières explique largement le fait que les automobilistes tunisiens dépassent même les Français en termes de kilomètres parcourus. Alors qu’un automobiliste français roule en moyenne 13200 km par un, le kilométrage annuel effectué par un automobiliste tunisien est de 22.000 km, ce qui représente l’équivalent d’un peu plus d’un demi-tour du globe terrestre.

Parc automobile en extension continue
Selon l’étude de l’ANME intitulée «Voitures particulières, utiles mais...» et qui vient d’être publiée dans la «Revue de l’Energie», éditée par le ministère de l’Industrie et de l’énergie le parc automobile tunisien est en extension continue. En 2008, la Tunisie comptait quelque 785 mille voitures particulières sur un parc de 1,3 million de véhicules, tous genres confondus.
Cela donne un ratio de 76 voitures individuelles pour 1.000 habitants contre environ 30 voitures pour 1.000 habitants en 1988. L’écart s’explique par la croissance rapide des immatriculations des voitures particulières, qui est passée de 20 mille unités en 1989 à environ 42 mille unités en 2009. Parmi les facteurs directs de cette croissance, on retrouve, principalement, les avantages fiscaux et les facilités de crédits accordés pour l’acquisition des voitures de petite cylindrée dites «voitures populaire».

Pertes sèches sur le plan énergétique
Les voitures ayant une puissance fiscale de quatre chevaux (4CV) représentent 38% du total des voitures particulières contre 28% pour les 5CV et 11% pour les 6CV et plus.
L’avènement de l’ère de l’automobiliste roi génère des pertes sèches sur le plan énergétique. Une voiture particulière consomme trois fois plus par voyageur transporté que le bus et même 10 fois plus que le métro, selon les estimations du ministère du Transport. Le déplacement d’un voyageur sur un kilomètre nécessite environ 32 gep (gramme équivalent pétrole) dans une voiture particulière contre seulement 10 gep d ans un moyen de transport collectif. D’où l’intérêt qu’il y a à s’orienter davantage vers le développement des moyens de transport collectif en ces temps de retour à la hausse des prix des hydrocarbures, de rationalisation de consommation de l’énergie et de protection de l’environnement.
W.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com