Réforme des retraites en Tunisie : Les suggestions du Bureau International du Travail





L’étude du Bureau International du Travail (BIT) sur la réforme des retraites suggère quelques aménagements.
En matière de réforme des régimes des retraites en vigueur en Tunisie, la vision du Bureau International du Travail (BIT) cadre parfaitement avec celle du gouvernement tunisien. C’est du moins ce qui ressort de l’étude commandée par le ministère des Affaires sociales auprès de BIT et dont une copie vient d’être soumise à l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT).
Le BIT, qui constitue le secrétariat exécutif de l’organisation Internationale du Travail (OIT), recommande une révision à la hausse « raisonnable » de l’âge du départ à la retraite qui doit prendre en compte les projections des indicateurs socio-démographiques à long terme (vieillissement de la population, espérance de vie etc…) tout en prenant en considération les spécificités de certains métiers classés pénibles. Le projet de réforme qui sera présenté par le gouvernement prévoit le report de l’âge légal du départ à la retraite à 62 ans à partir de 2012. Dans une étape ultérieure, l’âge de la retraite sera porté à 65 ans.
Maintenir le système de répartition
Selon le gouvernement, le fait de repousser l’âge de retraite signifie inéluctablement une augmentation du nombre des années de cotisation et la diminution de celles de la jouissance de la pension, ce qui améliorera les ratios financiers des deux principales caisses de sécurité sociale.
L’étude du BIT suggère aussi le maintien du système de répartition, qui est le socle de la solidarité entre les générations ( Ndlr : que les actifs financent la retraite de leurs aînés). D’autant plus que les régimes par capitalisation sont sensibles aux fluctuations des marchés financiers, ce qui est incompatible avec le rôle protecteur et la garantie que doit représenter la retraite.
Le BIT estime cependant qu’il sera nécessaire de réviser à la hausse les cotisations des employés et des employeurs et de réviser le système de calcul des pensions. Cela rejoint les propositions du gouvernement qui prévoient une augmentation des cotisations des salariés et des employeurs mais dont le taux n’a pas encore été fixé.
L’UGTT éprouve des réticences
L’UGTT éprouve déjà des réticences aux propositions du gouvernement. Selon la centrale syndicale, l’augmentation de l’âge du départ à la retraite, qui représente «une potion magique des institutions financières internationales et des bureaux d’études et de conseils dépendant d’elles, a des retombées sociales, matérielles, psychologiques et sur la santé d’une large partie des assurés sociaux et notamment de ceux exerçant des métiers pénibles et dangereux».
La centrale syndicale estime également que l’augmentation des cotisations appliquée ces dernières années «n’a pas permis de résorber le déficit des caisses sociales»
Lors des négociations, l’organisation ouvrière entend plaider pour le maintien de l’âge du départ à la retraite pour les métiers pénibles et dangereux» , et «la non-augmentation des cotisations, parce que cela réduirait le pouvoir d’achat des salariés et alourdirait le fardeau des entreprises nationales en augmentant le coût de leur production, alors qu’elles souffrent de la concurrence internationale et du phénomène du marché parallèle».
L’UGTT proposera, par ailleurs, une «politique de tolérance zéro» à l’égard du «travail au noir», de la diffusion à large échelle des emplois précaires et de l’amalgame fait depuis plusieurs décennies entre sécurité sociale et solidarité sociale qui s’est traduit par l’élargissement du parapluie de la couverture sociale à des catégories socio-professionnelles à faibles revenus.


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com