Marchés des fruits et légumes : Demande importante + offre en baisse = hausse de prix!





La première quinzaine du Ramadan, cette année, a été accompagnée par une augmentation fort remarquable au niveau des prix des fruits et légumes. Une hausse jugée excessive par certains de nos concitoyens notamment ceux aux revenus moyens qui estiment que la saison agricole était positive après les importantes précipitations de cette année et de l’année dernière. En effet, cette hausse des prix est due, en réalité, à une chute dans la production des principaux ingrédients utilisés dans les plats tunisiens pendant le Ramadan, à savoir, les tomates, l’oignon et surtout les pommes de terre. Ces dernières ont accusé une régression de 100% au niveau de la quantité déposée sur le Marché d’Intérêt National de Bir-Kassâa, entre les deux premières semaines du Ramadan cette année et l’année dernière. En effet, la quantité des pommes de terre locales déposée quotidiennement sur ce marché, cette année, ne dépasse pas les deux tonnes, alors qu’elle était à 1984 tonnes l’année dernière. Incroyable! Cette baisse importante au niveau de la quantité s’est reflétée systématiquement sur les prix qui ont enregistré une augmentation de 73% par rapport à la même période un an auparavant (483 millimes, prix moyen cette année contre 280 millimes l’année dernière). C’est le même cas pour les tomates et l’oignon dont la quantité a connu une baisse respectivement de 78% et 25% par rapport à l’année dernière (293 tonnes de tomates contre 1359 tonnes l’année dernière et 250 tonnes d’oignon contre 334 tonnes pour la même période). Les prix des tomates et de l’oignon ont connu pour leur part, une augmentation de 106% et 183% respectivement cette année. Le prix moyen d’un kilo de tomates est de 477 millimes (232 millimes l’année dernière), alors que le prix d’un kilo d’oignon est de 450 millimes (159 millimes l’année dernière). Une situation donc de demande importante et d’offre en baisse contribue systématiquement à une hausse des prix. De leur côté, les autorités nationales ont essayé de moraliser les prix par l’importation d’importantes quantités des produits en baisse d’offre, et leur distribution en fonction de la demande sur les différents marchés du pays. Cette solution a été plus ou moins réussie, mais elle a encore besoin de l’aide et du commerçant et du consommateur qui doivent comprendre et tolérer la situation actuelle en rationalisant la consommation. Par ailleurs, et pour empêcher une amplification de la situation, les efforts du contrôle économique se sont multipliés durant la première quinzaine pour empêcher tout type de débordement où certains profitent de la “crise” pour exercer leur sport favori: l’arnaque. A ce propos, 303 ordres de fermeture et 5890 infractions dont 2911 dans le secteur des fruits et légumes (soit 49% du total des infractions) ont été enregistrés jusqu’au 16 du mois saint. Mohamed ZGHAL


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com