Youssouf al Afif (12) : Si la tunique est déchirée par derrière





Passée la surprise douloureuse de découvrir Zouleikha et Youssouf dans une situation si équivoque, le Aziz de Misr parvint quand même à garder le calme que lui commandent sa dignité et son rang pour tirer toute cette affaire au clair. En vérité, il savait qu’il devait s’interdire toute réaction avant d’identifier le plus coupable des deux alors que Zouleikha affirmait que Youssouf a voulu lui faire du mal et que Youssouf criait que c’était Zouleikha qui a voulu le séduire.
Le Aziz de Misr savait que ce ne serait pas chose aisée que d’arriver à une conclusion claire et sans ambiguïté sur une situation qui s’était déroulée derrière une porte fermée. Pour tout compliquer, les deux protagonistes, qui avaient beaucoup à perdre si leur tort était établi, campaient sur leurs positions et ne se confesseraient certainement pas.
Alors que faire pour parvenir à la vérité et rendre justice ? Le Aziz de Misr étant au somment de l’administration égyptienne, il avait évidemment de nombreux conseillers et sages qu’il consultait en toutes choses et au bon jugement desquels il savait qu’il pouvait se fier. Il réunit d’urgence ceux d’entre-eux qui étaient les plus fidèles et les plus sûrs car l’affaire était singulièrement délicate puis il leur exposa le problème qu’il avait à résoudre. Tous écoutèrent attentivement jusqu’à saisir le sens des faits et l’un d’eux prit immédiatement la parole. Chacun le reconnut et apprécia qu’il était le premier à parler parce qu’il était l’un des proches de Zouleikha.
Les propos de ce sage conseiller du Aziz de Misr étonnèrent tout de suite par la justesse de l’analyse et l’intelligence de l’approche. De fait, il alla droit au but et postula que si la tunique de Youssouf est déchirée par devant, alors c’est Zouleikha qui dit la vérité, tandis qu’il est du nombre des menteurs, mais si sa tunique est déchirée par derrière, alors c’est Zouleikha qui a menti, tandis que les propos de Youssouf sont la pure vérité.
En quelques mots, la sagesse et l’intelligence résolurent le problème. Il fallait en finir tout de suite avec l’incertitude et on fit venir, séance tenante, Youssouf et Zouleikha qui étaient sous bonne garde pour vérifier le postulat du conseiller qui était en même temps un proche de Zouleikha. Et voici que la tunique de Youssouf est déchirée par derrière. Son innocence est publiquement prouvée.


(A suivre…)
Manoubi AKROUT




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com