Réforme des retraites : Relèvement progressif de l’âge de la retraite confirmé





Lors d’une tribune télévisée diffusée mardi soir, le ministre des Affaires sociales a précisé que le gouvernement entend relever progressivement l’âge du départ à la retraite.
M. Naceur Gharbi, ministre des Affaires sociales, de la solidarité et des Tunisiens à l’étranger, a été le 6e membre du gouvernement à participer aux tribunes de communication diffusées par la télévision nationale et dont l’organisation a été décidée début juin dernier par le Président de la république, dans le but d’élargir la sp hère de la couverture médiatique au sujet de la chose publique.
Augmentation des cotisations
Répondant aux diverses interrogations des intervenants, le ministre dont la rentrée sera aussi bien chargée que laborieuse, s’est attardé sur l’épineux dossier de la réforme des régimes des retraites. «Les caisses de sécurité sociales ne pourront plus honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs adhérents retraités si on continue à se croiser les bras. Mais si on commence dès maintenant à prendre les mesures nécessaires dans le cadre de la concertation, on saura préserver les équilibres financiers des caisses», a précisé, de prime abord, M. Gharbi, qui avait piloté avec succès le très délicat chantier de la réforme de l’assurance-maladie.
Selon lui, la nécessité de réformer les régimes de retraites «se fonde sur des données objectives, dont l’augmentation de l’espérance de vie à 75 ans, et l’élargissement de la proportion des  bénéficiaires de la couverture sociale et des régimes de retraite».
Le ministre a également évoqué la baisse du ratio actifs/ retraités sous l’effet des facteurs démographiques.  Il y a environ un peu plus d’une décennie, on comptait 6 actifs pour un retraité (Ndlr : les cotisations de 6 actifs financent la pension d’un retraité). Actuellement ce ratio est passé à 4 actifs pour un retraité. Plus grave encore, en 2030, on sera à 2, 3 actifs seulement pour un retraité. «L’âge de départ à la retraite à 60 ans n’est plus viable au regard de l’entrée tardive dans la vie active (29 ans dans le secteur public, et 25 ans dans le privé) et de la fixation de l’âge limite de participation aux concours de la fonction publique à 40 ans», a noté le ministre en substance.
Rejet du système de capitalisation
M. Gharbi a, d’autre part, confirmé les informations selon lesquelles le gouvernement entend relever progressivement l’âge du départ à la retraite, notant que cette mesure sera couplée à une «légère augmentation» des cotisations. «Il sera question de mettre en place un dispositif qui garantit l’équilibre des régimes de retraite jusqu’en 2016, avec une progressivité en matière de relèvement de l’âge de la retraite pour le repousser à 62 ans, et une révision légère des cotisations», a-t-il fait savoir.
Notant que chaque année supplémentaire de travail donnera droit à une meilleure pension de retraite, le ministre a indiqué que le gouvernement n’entend aucunement adopter le système de capitalisation et que l’intérêt se porte sur la préservation du système de répartition.
Au sujet de la Caisse nationale d’assurance-maladie, (CNAM), dont il était le PDG, M. Gharbi a précisé que le plafond de remboursement des frais de soins pourrait être révisé.
En ce qui concerne le 8ème round des négociations sociales, le ministre a noté que l’objectif de la révision des 51 conventions sectorielles, qui couvrent 98% des salariés, reste de moderniser la législation du travail, de promouvoir la productivité, et d’améliorer le pouvoir d’achat des Tunisiens.


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com