Feuilleton : Youssouf al Afif (13) : Zouleikha prépare une surprise





Sa tunique s’étant révélée déchirée par derrière, signalant ainsi son intention de fuir Zouleikha, l’innocence de Youssouf fut clairement et définitivement établie.
Pourtant, ce fut comme si chacun attendait quelque chose, un signe, une suite logique à cet événement ; car il y eut accusation, il y eut enquête, et il y eut identification d’un coupable. Il est fort probable que personne n’ait trouvé rien à redire à ce que la femme du Aziz de Misr, pourtant reconnue fautive, ne soit pas punie.
De fait, il semble que le seul courroux de Zouleikha fut d’être devenue, pour un moment, le premier sujet des commérages en Egypte. Les uns disaient dans un mélange d’admiration et de crainte que sa ruse et sa fourberie avaient atteint des sommets jamais égalés. Les autres poussaient l’audace jusqu’à exiger qu’elle implore publiquement le pardon pour avoir ourdi un tel stratagème et ainsi mis trois destinées dans la tourmente ; la sienne, celle du Aziz de Misr qui était son propre époux et celle de Youssouf sensé être son enfant.
Pour les gens qui suivirent de près les péripéties de toute l’affaire, Zouleikha était incontestablement fautive mais les anonymes craignaient que c’était Youssouf qui allait payer pour elle ! Car le ton des commérages montait encore et encore et, pour qu’il cesse de prendre à partie la première dame, une action d’éclat était incontournable !
C’est Zouleikha elle-même qui en prit l’initiative quand elle fut informée du dernier commérage dans la ville où les mégères étaient vraiment allées trop loin. Quand elles racontèrent à qui voulait les entendre que ‘’La femme du Aziz essaye de séduire son valet ! Il l’a vraiment rendue folle d’amour’’, c’en était trop.
Zouleikha usa immédiatement de son autorité de première dame qu’elle avait gardée malgré les reproches de tous pour inviter les commères à se présenter au palais du Aziz de Misr. Une après-midi entre femmes pour leur faire les honneurs de la maison, leur servir des boissons et des douceurs… Zouleikha n’économisa aucun effort, allant jusqu’à guider elle-même les serviteurs dans la préparation du salon où chacune allait prendre ses aises. En vérité, elle voulait que toutes leurs défenses tombent et qu’elles se sentent comme chez elles, qu’elles soient prises dans les menus plaisirs du palais… à tel point qu’au moment où la surprise qu’elle leur préparait se manifestât, elles les laisserait complètement anéanties.
(A suivre…)


Manoubi AKROUT




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com