Feuilleton : Youssouf al Afif (18) : L’Egypte entière accrochée à ses lèvres !





L’interprétation brillante et convaincante de leurs rêves par Youssouf laissa les deux valets grandement impressionnés et quand il demanda à celui qui donnera du vin à boire à son maître de le rappeler à son bon souvenir, celui-ci s’empressa de répondre qu’il guetterait la moindre occasion. Mais est-ce la joie d’échapper au cachot et à la mort ou bien les chuchotements du malin qui lui ont fait oublier de rappeler l’affaire de Youssouf et il resta donc en prison quelques années encore.
Son nom ne fut prononcé de nouveau en cour que bien plus tard, grâce à un événement national, si l’on ose dire.
En vérité, le pharaon fit un rêve qui le laissa inquiet et déboussolé : «En vérité, je voyais (en rêve) sept vaches grasses mangées par sept maigres; et sept épis verts, et autant d’autres, secs. Ô conseil de notables, donnez-moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve».
Leur réaction, celle de soutenir que la vision du pharaon n’est rien de plus qu’un simple rêve qu’ils ne savent pas interpréter, n’a évidemment pas réussi à le convaincre quand se produisit le déclic qui, encore une fois, allait radicalement changer le cours de la vie de Youssouf. Car, au milieu de la cour, celui des deux compagnons de prison de Youssouf qui avait été délivré se rappela brusquement de son savoir et de son talent et cria qu’il avait l’homme qu’il faut pour l’interprétation du rêve du pharaon. Il raconta donc à tous ce qui s’est passé en prison et il n’en fallut pas plus pour que les ordres furent donnés pour amener Youssouf séance tenante. Et le voici devant le pharaon et sa cour, écoutant ce qu’il devait interpréter : «Eclaire-nous au sujet de sept vaches grasses que mangent sept très maigres, et sept épis verts et autant d’autres, secs…»
Le silence tomba alors en attente de ce qu’il allait dire… C’était comme si l’Egypte tout entière était accrochée à ses lèvres ! Il coupa le silence et ses paroles, stupéfiantes d’évidence et de simplicité fusèrent devant l’assistance : «Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi, sauf le peu que vous consommerez. Viendront ensuite sept années de disette qui consommeront tout ce que vous aurez amassé pour elles sauf le peu que vous aurez réservé [comme semence]. Puis, viendra après cela une année où les gens seront secourus [par la pluie] et iront au pressoir».
(A suivre.…)


Manoubi AKROUT




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com