Ramadan, famille et psychologie de l’enfant : Une occasion pour renforcer les racines





Dans le jardin de notre vie, on fait pousser les parties de ce que les parents et proches ont semé en nous. Si l’on vit loin de nos parents et proches, notre identité familiale en pâtira. Ramadan, n’est-ce pas l’occasion idéale d’y remédier ?
Les enfants sont les semences et les graines d’une famille. Eloignés de leurs racines, les petits grandiront de manière arbitraire sans aucune appartenance fixe. Durant le mois de Ramadan, plusieurs personnes renouent les liens avec leurs proches. Les enfants auront ainsi l’occasion de connaître les membres de leurs familles et de connaître leurs origines.
Mme Eya Nasri, psychologue, nous explique l’importance des visites familiales et du dîner familial à chaque iftar durant ramadan.
«Avant même de parler des visites des proches et parents et des soirées… je vais décrire une situation très simple, mais très expressive. Au sein d’une même famille, il est vraiment rarissime que tous les membres de la famille soient réunis à table. Et d’un coup Ramadan vient réunir ces membres dispersés et très occupés autour d’une même table tous les soirs. Qui sont les premiers à sautiller de joie ? Et bien ce sont les enfants ! On les voit dans toutes les familles surexcités à l’idée de dîner, or ils ne sont pas à jeun.
Cela explique que, justement, les enfants ont besoin de ce rendez-vous quotidien qui réunit les membres de leurs familles. Donc si un dîner avec papa, maman, les frères et sœurs donne autant de joie aux petits, il est tout à fait normal que la famille, la grande famille ait son importance dans la construction de l’équilibre émotionnel et psychique chez l’enfant.
Si les parents l’emmènent voir ses tantes et oncles, ses cousins et cousines, s’il voit constamment ses grands-parents paternels et maternels, il est tout à fait sûr que cela aura un impact positif sur la psychologie et le développement de l’enfant.
Les liens intergénérationnels d’ordre familial, quelle que soit la structure de la cellule familiale, (familles nucléaires, familles séparées, «divorces ou décès», familles recomposées) aident les enfants à se construire selon leurs racines familiales. Cela est le seul moyen qui leur permettra de répondre à la fameuse question : «Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ?». Ces questions existentielles trottent dans la tête des enfants dès le bas âge et vont refaire irruption de manière pressante et violente à l’orée de l’adolescence.
Donc la famille représente l’identité, les racines et l’origine de l’enfant. Le laisser à l’écart des membres de sa famille à cause des querelles d’adultes ne va lui faire que du mal. L’enfant ne comprendra pas pourquoi il n’a pas de grands-parents, de tantes et d’oncles comme ses amis et ses pairs. Il aura une construction plus fragile, il aura des idées très floues sur son identité. Il manquera donc de repère et sera une proie très facile pour les complexes et parfois, à l’âge adulte, cela peut aller jusqu’à la psychose.
Donc, de grâce, étant donné que Ramadan est le mois de la piété, du pardon, de la solidarité… profitons-en pour renouer les liens familiaux, échanger les visites et donner l’occasion aux petits de grandir dans une atmosphère saine.
Ramadan est une occasion pour retrouver des procédures familiales amiables. C’est une occasion pour réfléchir, désamorcer les conflits et se réconcilier. D’ici l’Aïd, on peut trouver tout le temps qu’il faut pour oublier la rancœur et frapper à la porte de ses proches. Il faut agir de façon à ce que chaque membre de la famille puisse retrouver une certaine sérénité. Mais il faut surtout agir pour le bien des enfants qui ont absolument besoin des membres de leur famille pour leur équilibre psychique et émotionnel».


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com