Feuilleton : Youssouf al Afif (21) : Les trois chagrins de Yaâ’qoûb (AS) !





Ayant promis plus de grain à ses frères s’ils amenaient avec eux leur jeune demi-frère (qui n’est autre que le frère de Youssouf de la même mère), il leur exposa les risques de ne pas lui obéir : «Et si vous ne me l’amenez pas, alors il n’y aura plus de provision pour vous, chez moi ; et vous ne m’approcherez plus».
Mais c’était déjà dit pour ses frères car ils étaient tout de suite alléchés par le surplus de grain. Le dilemme résidait ailleurs, car il fallait persuader le père du jeune homme. Youssouf le savait bien mais il voulait les convaincre à tout prix et il ordonna ainsi à ses serviteurs : «Remettez leurs marchandises dans leurs sacs : peut-être les reconnaîtront-ils quand ils seront de retour vers leur famille et peut-être qu’ils reviendront».
Youssouf voyait juste car sitôt rentrés, ses frères commencèrent à harceler leur père Yaâ’qoûb (AS), lui racontant encore et encore leur mésaventure avec le Aziz de Misr, promettant à tour de rôle de veiller sur leur jeune frère, soulignant le bénéfice de toute une charge de chameau en grain… Mais Yaâ’qoûb (AS) ne voulait pas lâcher prise, leur rappelant qu’il leur avait déjà confié son frère et qu’ils avaient trahi sa confiance… Et les autres de s’offusquer qu’il ouvre ainsi les anciennes blessures jusqu’à ce qu’il cède, en posant néanmoins la condition que jamais il ne l’enverra avec vous sans leur engagement formel au nom du Seigneur qu’ils le lui ramènent sauf qu’ils soient cernés par un ennemi invincible.
Yaâ’qoûb (AS) n’avait pas seulement cette inquiétude dans le cœur… car aussi rustres et jaloux qu’étaient ses fils, ils restaient à ses yeux indéniablement les siens et il craignait pour eux de la même manière qu’il craignait pour leur jeune frère. Il prit soin de leur dire : «Ô mes fils, n’entrez pas par une seule porte, mais entrez par portes séparées. Je ne peux cependant vous être d’aucune utilité contre les desseins d’Allah».
Quand ils partirent, Yaâ’qoûb (AS) sentit son cœur se déchirer par les trois chagrins qui l’habitent désormais : la perte de Youssouf, le risque de perdre son jeune frère et le spectacle de tous ses fils éloignés de lui vers une contrée incertaine.
Mais retournons aux fils de Yaâ’qoûb (AS) qui entrèrent séparément comme il leur avait recommandé. Pourtant le stratagème ne leur servit à rien…
(A suivre …)


Manoubi AKROUT




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com