L’Aïd et la nutrition : Il vaut mieux faire les douceurs chez soi





Pour l’Aïd, tous les Tunisiens reçoivent leurs proches avec une multitude de douceurs et de gâteaux traditionnels. On en prend sans compter… Presque à chaque visite. Est-ce une attitude sans méfaits sur la santé ?
Durant les trente jours de Ramadan, la majeure partie des jeûneurs passent leurs soirées devant une petite table ornée de sucreries, de confiseries, de pâtisseries… Et ce « gavage » en sucre ne finit pas là ! Avec l’arrivée de l’Aïd la mésaventure continue… On prend des sucreries, plusieurs fois par jour… Qu’en disent les diététiciens ?
Le Dr Taïeb Doghri, professeur en nutrition, nous explique justement que le fait de manger les douceurs de l’Aïd durant quelques jours va faire dégringoler notre état de santé.
«D’abord nul ne peut contester la valeur de notre si précieuse habitude de présenter des douceurs lors des visites de l’Aïd. Les spécialistes jouent souvent aux rabat-joie, mais c’est notre rôle d’expliquer, d’orienter et de présenter le pour et le contre.
Donc, de prime abord, je tiens à préciser qu’on n’interdit pas les douceurs (hlou el Aïd). Au contraire, je pourrai même dire que, bien dosés et bien préparés, les gâteaux de l’Aïd peuvent ne pas nuire du tout à la santé.
D’ailleurs, mis à part la baklawa qui est vraiment trop grasse et trop sucrée, les autres petits gâteaux traditionnels sont vraiment bons pour l’organisme à l’instar de la ghrayba et de kaak el warka ou kaak el ambar.
Donc, le premier conseil que je dois donner est d’abord de réduire au maximum la quantité des douceurs que l’ont va avoir chez soi. On doit faire en sorte que les gâteaux suffisent à peine à couvrir les visites de l’Aïd, une quantité qui ne dépassera pas les trois jours.
Par ailleurs, il serait beaucoup moins nocif pour la santé que l’on prépare les douceurs chez soi. J’explique : les gâteaux traditionnels vendus dans les pâtisseries et grandes surfaces contiennent une quantité énorme de sucre. Les pâtissiers mettent justement beaucoup de sucre parce que leurs dépenses en sucre sont compensées par l’Etat.
De plus le sucre est beaucoup moins cher que les fruits secs et autres ingrédients. Donc ils mettent une grande quantité de sucre pour gagner en poids ce qui concerne ces douceurs. Ils en sortent doublement gagnants. Or si une pièce de ghrayba contient beaucoup plus de sucre que de farine, de pois-chiche ou de drôo, ou si un morceau de kâak contient plus de sucre que de fruits secs, ils n’ont plus aucune valeur ajoutée à la santé.
Pis encore, le fait d’en manger devient problématique et peut engendrer des problèmes de santé et une prise de poids. Les kilos en trop s’installeront automatiquement après de telles prises quotidiennes.
Donc la meilleure chose à faire est d’avoir une quantité réduite de douceurs et mieux encore, il serait beaucoup plus bénéfique de préparer ces douceurs chez soi. Ce n’est pas difficile à faire, on écarte la baklawa ou on se contente d’une quantité vraiment infime et on s’initie à préparer les autres douceurs chez soi en réduisant au maximum la quantité du sucre utilisé.
Je tiens également à préciser que je préfère que l’on réduise la quantité de sucre utilisé que d’utiliser un sucre artificiel. Il ne contiendra pas de saccharose contiendra du fructose ou du sorbitol. Et ces composantes dans l’édulcorant light, sont bien des sucres ! Donc ces produits apportent aussi des calories !»


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com