Réforme de l’éducation : Les satisfactions et les attentes





Le ministère de l’Education est en train d’élaborer une refonte du système éducatif à la lumière des résultats d’une concertation auprès de tous les intervenants.
Les premières décisions de la réforme préconisée concernent, notamment, l’élimination de l’examen de la Quatrième, du bac sport et des semaines bloquées dans les collèges préparatoires. Les concertations continuent, concernant une nouvelle répartition des vacances scolaires et universitaires. D’autres décisions suivraient à propos des programmes éducatifs et des systèmes d’évaluation. Toutes ces mesures visent l’amélioration de la qualité de la formation dispensée aux élèves. «Le Quotidien» a cherché à sonder les premières réactions du corps éducatif en rapport avec ces décisions.
Oui, mais…
Enseignants, conseillers d’orientation et inspecteurs sont unanimes pour constater que ces décisions «sont appropriées». «La concertation opérée en 2009 auprès de plus de 50.000 enseignants a montré un rejet quasi systématique de l’examen de la Quatrième», ont-ils souligné. Concernant les semaines bloquées dans les collèges préparatoires, les professionnels de l’éducation ont également exprimé leur satisfaction, précisant qu’on «pourrait penser à des évaluations régionales dans chaque matière pour garantir l’accomplissement des programmes et une évaluation équitable du niveau des élèves». Ils ont souligné que «le système en vigueur comporte beaucoup de temps perdu entre les semaines bloquées et celles des corrections», et proposé «d’impliquer davantage les enseignants dans l’élaboration des programmes et la gestion du temps scolaire».
Pour ce qui est de la répartition des vacances scolaires, les intéressés ont proposé «de les adapter aux besoins de la formation». Une cinquantaine de jours seraient, à leurs avis, une période adéquate pour assurer un quart temps de formation. Mais, «l’essentiel, c’est de veiller à dispenser des programmes performants et de faire des évaluations adéquates», ont-ils remarqué.
Les attentes
Les professionnels concernés se sont toutefois déclarés «encore sur leur faim». Ils attendent encore d’autres décisions ciblant directement les programmes dispensés aux élèves et les modes d’évaluation. «Ce n’est pas normal que l’on continue à adopter la bonification de l’examen du baccalauréat avec la moyenne annuelle à hauteur de 25 %, avec pour conséquences plus de 20 % de rachetés parmi les admis», ont-ils remarqué, ajoutant qu’une telle situation ne saurait que «discréditer nos diplômes et nos diplômés, surtout lorsqu’on sait que ces bacheliers avaient obtenu des moyennes de 15/20 en cours d’année scolaire, alors que leurs moyennes à l’examen n’avaient pas dépassé les 8/20. C’est vraiment intolérable !».
Un inspecteur à la retraite a constaté que «personne n’imaginait auparavant que des bacheliers tunisiens passeraient un jour les évaluations linguistiques actuelles exigées pour accéder aux universités françaises, encore moins les tests de contrôle des connaissances requis pour les médecins résidents postulant à des stages en France. L’enseignement tunisien a carrément perdu sa notoriété d’antan et il est vraiment temps de le ressusciter. Donc, vivement une refonte de fond avec des décisions courageuses qui coupent avec la massification et ouvre la voie à une formation de qualité».
Les professionnels de l’éducation attendent donc avec impatience une véritable réforme du système éducatif.


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com