Billet : La leçon iranienne





Par Imen ABDERRAHMANI
Fini les débats sur la censure des feuilletons iraniens reproduisant les Prophètes et les messagers de Dieu, diffusés sur Nessma Tv et Hannibal Tv. Les voix qui se sont élevées, appelant à l’arrêt immédiat des feuilletons, à la censure et au boycott de ces deux chaînes se sont tues, et c’est la liberté d’expression et de créativité qui a gagné le premier round de ce long et vieux combat contre des clichés véhiculés à torrents par de nombreux feuilletons, des années durant.
«Youssef Essidik», «Marie la Vierge» et «Issa l’âme de Dieu», trois feuilletons iraniens qui ont déclenché une vive polémique sur l’incarnation, dans ces productions télévisées, des rôles des messagers de Dieu, du Prophète Mohamed. Au-delà d’un débat d’ordre religieux sur la représentation des Prophètes dans les feuilletons, ces œuvres iraniennes ont démontré à quel point les faiseurs de feuilletons manquent de créativité. Bien ficelés et dans les détails, soigneusement réalisés, les feuilletons iraniens ont su convaincre le téléspectateur et le toucher profondément.
Ceux qui ont suivi le feuilleton «Youssef Essidik» n’ont pas caché leur émerveillement devant la haute qualité de cette production télévisée. Des décors méticuleusement construits, reproduisant dans le détail le récit de Youssef, un casting rigoureux et scrupuleux… les réalisateurs iraniens ont fait preuve d’un savoir-faire artistique et esthétique hors-pair. Les feuilletons iraniens ont mis à nu ces stratégies vaines lancées par nombreuses télévisions en matière de production télévisée et a souligné bel et bien la banqueroute du système.
«Youssef Essidik» a également démontré que nous n’avons pas compris qu’aujourd’hui la guerre et la démarche évolutionnaire se font à travers l’image et rien d’autre. «Nous sommes dans un siècle de l’image. Pour le bien comme pour le mal, nous subissons plus que jamais l’action de l’image» a écrit Gaston Bachelard dans «La poétique de la rêverie». Et pourtant, nos cinéastes continuent à négliger et à bâcler cette image prônant des bavardages fades, alourdissant et affaiblissant, dans la majorité des cas les scénarios ; des scénarios véhiculant des discours parfois primitifs, terre à terre où chaque scénariste use à sa guise des mots déplacés et fait à sa manière des insinuations incohérentes.
La diffusion des feuilletons iraniens a été une véritable leçon d’art pour ces réalisateurs qui se croient au-dessus de toutes les critiques, pour ces artistes qui ne font que critiquer les autres, se prenant pour les meilleurs.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com