Vu en France : Les écologistes se rassemblent





Après bien des hésitations, les Verts ont tourné une page de leur histoire et dit oui à la fusion avec Europe Ecologie en novembre.

De notre correspondant permanent, François Bécet
Fort des succès des écologistes aux régionales de mars, Daniel Cohn-Bendit, leader d’Europe Ecologie avait lancé le 22 mars dans Libération un appel à l’union : « Le mouvement politique que nous devons construire ne peut s’apparenter à un parti traditionnel. Les enjeux du 21e siècle appellent à une métamorphose, à un réagencement de la forme même du politique ». L’ancien leader de mai 68 proposait une coopérative politique faite d’un réseau coopératif avec des membres pas forcément adhérents au parti, d’un parti politique et d’un pôle éthique constitué de comités et d’observatoires chargé de veiller au respect des principes fondamentaux. Pas simple comme toute construction des écologistes. Pas simple et déjà critiqué à peine émis.
Chez les Verts, beaucoup de militants rechignaient à liquider le parti créé en 1984, à perdre leur indépendance et, de plus, ce n’était pas, loin de là, le grand amour entre les deux « patrons », Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit, par ailleurs fâché avec le numéro 2 des Verts, Jean-Vincent Placé. Mais peu à peu, et au cours de l’été lors des conventions régionales de l’écologie, l’idée d’un regroupement faisait son chemin, alimentée par le sentiment qu’unis, les écologistes pèseraient davantage sur la vie politique et pourraient durablement rester le 3e parti du pays.
Les chefs se réconciliaient, la percée d’Eva Joly, l’ancienne juge d’instruction franco-norvégienne, était acceptée et entérinée. Et, le week-end dernier, les Verts de Cécile Duflot tenaient leur dernier conseil national interrégional. A l’unanimité moins une voix, ils disaient oui à la fusion avec Europe Ecologie les 13 et 14 novembre à Lyon lors d’assises de l’écologie. Auparavant, les Verts se prononceront par référendum à la mi octobre sur les statuts et textes fondateurs du nouvel ensemble.
Pour Cécile Duflot, il faut « construire un outil qui nous permette d’aller à la conquête des responsabilités » et « pourquoi pas devenir majoritaires ». « La transmutation des Verts n’est », ajoute-t-elle, « ni une mort ni une naissance, c’est une métamorphose qui a un sens profond : créer un mouvement à la hauteur des enjeux».
Les ambitions sont affichées mais la route sera encore longue pour les réaliser, les transformer en réalités, c’est-à-dire en sièges au Parlement, en poids réel sur les décisions qui engagent le pays. Si la guerre des chefs ne devrait pas avoir lieu –on va vers un ticket Duflot-Joly, l’une présidente du nouvel ensemble, l’autre candidate à la présidentielle-, si le débat sur le nom – Rassemblement écologiste, rassemblement des écologistes ou simplement les écolos- n’est pas insurmontable, la rédaction d’un programme et les négociations sur les alliances ne seront pas faciles. Ainsi, il n’y a pas de positions communes sur les retraites, l’avenir des services publics, l’aménagement du territoire ; ainsi des divergences demeurent sur le positionnement à gauche ou au centre-gauche.
Les écologistes devront aussi trouver de l’argent et se structurer.
Un premier prix
Le Press club vient d’attribuer son prix de la phrase politique la plus drôle de l’année à Eva Joly qui avait déclaré : « Je connais bien Dominique Strauss-Kahn, je l’ai mis en examen », phrase qui avait déclenché la colère de Martine Aubry. D’autres phrases ont été récompensées : « Des gens intelligents, il y en a 5 à 6%, moi je fais campagne pour les cons » (Georges Frêche) ; « Quand on m’appelle Monsieur le ministre, j’ai toujours l’impression que Jack Lang va surgir derrière moi » (Frédéric Mitterrand) ; Il n’y a pas besoin d’être de droite ou de gauche pour dire des conneries » (Lionel Luca).


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com