Attention, c’est un travail d’élève !





Souvent controversés, les devoirs font le lien entre l’école et la maison. Mais, ils deviennent souvent l’objet de conflits entre parents et enfants.
Les devoirs sont censés consolider et approfondir les apprentissages quotidiens en classe. Ils leur apprendront également à organiser leur temps entre repos, jeu et travail scolaire. Les enfants en sont donc responsables. Le devoir est le travail d’un enfant. Sauf que c’est souvent la bête noire des écoliers ! Ces tâches deviennent lourdes à gérer surtout pour des enfants fatigués après une longue journée. Les parents ne trouvent qu’une solution : participer ! Or le rôle des parents devraient se limiter à l’encouragement et l’accompagnement ou à la limite à l’orientation !
Mme Neziha Skandrani, ancienne proviseur et pédagogue nous explique comment procéder. «Les parents doivent savoir que les devoirs ne sont jamais au-delà des capacités des enfants. Ils sont donnés en fonction du niveau et de l’âge. Les enfants sont donc capables de s’en acquitter seuls et sans assistance. Toutefois, il arrive que l’enfant ne comprenne pas bien le sens des questions; dans ce cas, les parents peuvent juste lui expliquer la question. Il arrive également qu’il n’a pas bien assimilé ses cours. Le parent doit donc d’abord s’assurer que le cours a été bien assimilé.
Mais, dans tous les cas de figure, les devoirs ne doivent être faits que par l’élève ! Et pour ce faire, on doit d’abord lui donner les outils et le climat favorable pour le faire. Il faut se contenter juste de vérifier que les devoirs ont été faits. Mais on ne doit jamais faire ces devoirs à la place de l’enfant. Le cas échéant, si les parents pensent lui venir en aide, ils doivent se détromper ! C’est le travail du parent qui va être noté et évalué et non pas celui de l’élève ! Cela fausse totalement le niveau réel de l’élève qui, en classe ou lors des examens, sera seul et aura toujours des difficultés, d’autant plus qu’il ne s’exerce pas autant que ses camarades qui, eux, font leurs devoirs seuls.
Je dois toutefois dire qu’un parent peut aider dans les toutes premières années primaires lorsque la lecture n’est pas encore parfaitement acquise. L’enfant aura besoin de l’adulte pour le faire lire, apprendre une poésie ou réciter une leçon. A la fin du primaire et jusqu’au bout du cursus, il doit en revanche, se mettre au travail tout seul. L’adulte devra juste vérifier que la leçon est bien assimilée et que les devoirs ont été bien faits.
Cela dit, le fait de laisser un enfant travailler seul ne signifie pas ne plus s’en occuper ! Au contraire, il est fondamental de le rassurer sur ses compétences, de le valoriser, de l’encourager et de lui dire que les devoirs ne visent pas la perfection mais qu’ils doivent être effectués dans un temps donné. Pas question, en effet, que le travail scolaire occupe tout son temps libre ! Toute la difficulté pour les parents est de trouver le juste milieu entre un certain détachement par rapport à ces fameux devoirs et une attention somme toute importante.
Mais pour que ces devoirs se passent dans les meilleures conditions, il y a certaines règles à suivre. De retour de l’école, l’enfant sort d’une longue journée bien remplie. On doit lui laisser le temps de souffler. C’est à l’enfant de choisir lui-même l’endroit où il est le plus à l’aise pour travailler : dans sa chambre, au calme, dans le salon avec toute la famille, dans la cuisine pendant que maman prépare le dîner… Mais dans tous les cas, l’ambiance doit être studieuse : pas de télé, de radio ni d’agitation des frères et sœurs. On n’est pas obligés de se consacrer exclusivement à lui, mais il doit savoir que l’on est disponible en cas de pépin. Le rôle parental relève plutôt de lui apprendre une méthodologie de travail en fonction de son type de mémoire (visuelle, orale ou gestuelle). On peut lui expliquer les mots qu’il ne comprend pas, on lui apprend à chercher dans un dictionnaire, et on s’assure qu’il a bien compris les énoncés. On doit aussi lui faire comprendre qu’il travaille pour lui, pas pour nous ni pour l’instituteur».


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com