En toute logique

Initialement prévues demain, les élections présidentielles de la Fédération de Russie seront sans surprises. Une simple formalité pour Vladimir Poutine, le président sortant, qui part largement avec les faveurs des pronostics et des sondages dans un pays, encore à la recherche de ses nouveaux repères. Pas moins de 109,3 millions de citoyens de la Fédération de Russie ont rendez-vous, dimanche, avec les urnes pour élire leur président pour un mandat de quatre ans. Six candidats sont en lice pour ce scrutin qui place d’ores et déjà Vladimir Poutine en position de grand favori. Le communiste Nikolaï Kharitonov, le nationaliste de gauche Serguei Glaziev, la libérale Irina Khakamada, le président du Sénat Sergueï Mironov et l’ultra-nationaliste Oleg Malychkine n’ont pour ainsi dire aucune chance face à l’actuel maître du Kremlin qui bénéficie d’ailleurs de près de 70% des intentions de vote, selon les derniers sondages. Elu dès le premier tour, le 26 mars 2000, à l’investiture suprême de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine jouit d’une popularité inaltérée. Grâce à un savant dosage de nationalisme et de fermeté, il a conquis le cœur de ses compatriotes et s’est imposé sur l’échiquier russe. Son charisme et ses tentatives réussies de redorer le blason de l’autorité de l’Etat qui a pris un coup après la dislocation de la défunte Union soviétique, exaspèrent ses opposants. Ces derniers montent d’ailleurs au créneau en dénonçant un “scrutin présidentiel brejnévien”, en référence à l’époque soviétique et au raz-de-marée attendu lors du scrutin de dimanche en faveur du président sortant. Les adversaires de Poutine déplorent, dans la même foulée, l’impuissance de l’opposition face au parti du pouvoir, Russie Unie, qui aurait “transformé la Douma et le Conseil de la Fédération en chambre d’enregistrement et qui monopolise, notamment, les chaînes de télévisions nationales”.Certes, l’apprentissage de la démocratie dans un pays marqué par 70 ans de régime communiste est “impensable sans un débat politique accessible aux plus vastes couches sociales”, mais pour Poutine et ses collaborateurs, “la consolidation de la société passe avant la discussion”. Un argument défendable aux yeux des observateurs, au regard des enjeux et de la tâche immense qui incombe à l’appareil de l’Etat pour remettre à flot la barque russe qui a hérité d’un leg, le moins qu’on puisse dire difficile à gérer. Dans un pays qui subit de plein fouet les effets pervers d’un libéralisme à tout crin, la pauvreté a gagné résolument du terrain au même titre que la corruption et la mafia qui constitue, selon certains, un Etat dans l’Etat. Vladimir Poutine s’est attaqué de front à ces problèmes qui minent la société russe avec un certain succès. La lutte acharnée qu’il avait engagée durant son premier mandat contre les oligarques et les puissants hommes d’affaires, visait justement à remettre en selle l’autorité de l’Etat, ébranlée il est vrai par la montée en puissance de nouveaux riches aux dents longues et à l’appétit insatiable. Fort du soutien populaire, Vladimir Poutine se dirige donc sans encombre vers un second mandat. Un mandat qui ne s’annonce pas de tout repos au vu des innombrables défis qu’il devra nécessairement relever, au premier rang desquels la modernisation du pays pour assurer une croissance moins dépendante du pétrole et la lutte contre la pauvreté et la corruption. Le passage formel devant les urnes, dimanche, est perçu en tout cas par la majorité des Russes comme une manière de renouveler leur confiance au nouveau tsar dont l’ombre incontournable étouffe ses rivaux, complètement désarmés face à un concurrent qui dispose de tous les atouts. Vladimir Poutine est investi, au demeurant, de la lourde tâche d’asseoir non seulement l’économie sur des bases solides en mettant de l’ordre dans le jardin mais également et surtout de redorer le blason du pays qui nourrit des ambitions de reprendre sa place sur l’échiquier international. Des aspirations légitimes en somme car dans le Nouvel ordre mondial la puissance économique et militaire doivent nécessairement aller de pair… Chokri BACCOUCHE




Articles Similaires:




Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com