Le «Quotidien» propose …





Il n’y a certes pas de solution miracle destinée à éradiquer ce mal de la violence, mais nous pouvons néanmoins contribuer à le combattre en prenant conscience de la nécessité d’agir et de tenir compte d’autres considérations morales et pratiques.
Dans ce qui suit, nous proposons quelques solutions susceptibles de contenir ce fléau, de le banaliser et de s’en débarrasser …
Une sensibilisation continue
Elle peut intervenir à travers les médias, les affiches et d’autres manifestations. Une véritable campagne doit être menée à tous les niveaux pour faire de la violence un sujet permanent de débat. Ceux qui cèdent facilement aux actes de violence dans les stades doivent toujours savoir qu’ils sont coupables et indésirables. Au sein de leur milieu social, ils ne doivent plus penser être des «héros» en semant la zizanie sur les gradins.
Des mesures de sécurité plus souples
C’est peut-être là que se situe l’un des facteurs les plus importants de cette tendance à la violence. D’habitude, ce sont les agents de sécurité qui guettent les gestes violents au sein du public. A présent, c’est le contraire qui se passe. Les supporters sont devenus très provocateurs et dès qu’ils perçoivent un mouvement dans les rangs des agents de l’ordre qui les entourent, la tension s’installe et on se prépare à … la guerre! Parmi les raisons de ce curieux comportement, ces difficultés et parfois ces «humiliations» ou atteintes morales subies par les supporters avant de prendre place sur les gradins.
Les mesures de sécurité sont nécessaires, mais elles ne doivent nullement toucher à l’amour-propre du citoyen. Il n’est pas convenable qu’on retire à un supporter sa ceinture, son briquet, sa petite monnaie, son journal et sa bouteille d’eau pour des soi-disant mesures de sécurité. Certes, il y a toujours des énergumènes à suivre de près ou à les priver de mettre les pieds dans les stades, mais il ne faut jamais généraliser et traiter tout le monde de façon humiliante. Nous comprenons que les mesures de sécurité sont essentielles pour le bien de tous les présents, mais elles doivent être tout simplement plus souples et moins provocatrices.
Réorganisation des comités  des supporters
C’est là où le bat blesse vraiment. Ces comités, fondés pour réunir et encadrer les supporters, ont tendance à être de plus en plus marginalisés. La constitution des divers «groupes» a constitué au dérapage vécu aujourd’hui. Il ne sont pas là pour servir les couleurs du club et l’encourager, mais essentiellement pour régler des comptes et s’imposer au dépend des autres. Chaque groupe se comporte en leader et la confrontation entre supporters d’une même équipe sur les gradins devient de plus en plus fréquente. La décision de dissoudre ces groupes ne suffit pas. Une «réactivation» des comités des supporters est nécessaire. Les clubs doivent également jouer à fond leur rôle éducatif en signalant le comportement violent de certains supporters.
Un rôle plus «noble» des dirigeants  et entraîneurs
On le sait, le supporter est facilement «influençable» surtout lorsqu’il est sur les nerfs et quand ça va mal pour son équipe, les nerfs à fleur de peau, il est prêt à adhérer à toute manifestation de colère.
Les dirigeants et les membres du staff technique ou médical doivent le comprendre car leur comportement au bord du terrain contribue énormément à celui des supporters sur les gradins. Il est inconcevable de voir un dirigeant se lever pour protester suite à une erreur arbitrale banale et entraîner derrière lui une effervescence dans les tribunes avec des conséquences très fâcheuses.
Le dirigeant et l’entraîneur doivent être conscients de leur tâche et de leur rôle. Dans les moments difficiles de tension et d’extrême nervosité, ce sont eux qui atténuent la colère du public ou l’attisent.
L’interdiction de banc pour les présidents des clubs ne peut à elle seule résoudre le problème. Une décision plus «musclée» doit être prise, celle d’expulser toute personne qui quitte le banc, à part l’entraîneur ou son adjoint. Ça servira à «clouer» au banc ceux qui ont pris l’habitude de jouer aux donneurs de leçons !


Kamel ZAÏEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com