Réforme des retraites : Le débat profond a-t-il commencé ?





La réforme des retraites suscite un large débat. Pour ou contre ? Chaque partie avance des arguments.
Les négociations sur la réforme des retraites semblent être grippées d’entrée. Après une première réunion avec le gouvernement, qualifiée de «sérieuse», l’UGTT se limite à réclamer un débat sur les causes réelles du déficit des caisses sociales alors que l’UTICA se confine dans le silence.
Aucune réunion entre les partenaires sociaux ne s’est tenue depuis celle ayant réuni, le 14 septembre, le Bureau exécutif de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et le ministre des Affaires sociales. Le calendrier initial des négociations prévoyait une réunion par semaine au moins.
Du côté du Ministère des Affaires sociales, on se contente de réaffirmer la prédisposition de l’administration à un dialogue sérieux et responsable afin d’approfondir le débat sur un dossier devenu urgent.
Au lendemain de sa première réunion avec le gouvernement, l’UGTT a clairement exprimé sa position relative au projet présenté par celui-ci et prévoyant notamment un relèvement graduel de l’âge du départ à la retraite à 65 ans et une augmentation progressive des cotisations. La centrale syndicale a réclamé dans un communiqué publié récemment un débat profond sur les causes réelles ayant conduit au déficit de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et de la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale (CNRPS) en prélude à un dialogue sur les solutions destinées à restaurer les équilibres financiers de ces deux principales caisses. «Nous estimons qu’il est primordial d’identifier les causes de la détérioration des équilibres financiers des deux caisses avant de débattre des pistes à explorer pour remonter la pente», indique Ridha Bouzriba, secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé de la couverture sociale.
De nombreuses structures syndicales, dont les syndicats de l’enseignement primaire et secondaire ont, par ailleurs, exprimé leur refus de l’augmentation de l’âge du départ à la retraite proposé par le gouvernement, arguant du «caractère pénible  du métier d’enseignant».
Traitement global
Pour l’organisation ouvrière, le projet du gouvernement risque d’avoir «des retombées sociales, matérielles, psychologiques et sur la santé d’une large partie des assurés sociaux et notamment de ceux exerçant des métiers pénibles et dangereux».
Les syndicalistes estiment aussi que l’augmentation des cotisations se répercutera négativement sur le pouvoir d’achat des salariés. Ils plaident pour un traitement global de la question de détérioration des équilibres financiers des caisses sociales. La situation peu envieuse des trésoreries des caisses sociales s’explique, selon l’UGTT, par de nombreux facteurs structurels. Il s’agit, notamment, de l’indulgence dont on a fait preuve à l’égard du «travail au noir», de la diffusion à large échelle des emplois précaires et de l’amalgame fait depuis plusieurs décennies entre sécurité sociale et solidarité sociale qui s’est traduit par l’élargissement du parapluie de la couverture sociale à des catégories socio-professionnelles à faibles revenus.
Outre la lutte contre ces anomalies, les syndicats recommandent la limitation des exonérations des cotisations aux caisses sociales accordées à un grand nombre d’employeurs dans le but de les inciter à investir.
L’Union Tunisienne de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), se mure, quant à elle, dans le silence. Le patronat a, toutefois, mis en place un comité chargé d’étudier les propositions du gouvernement en matière de réforme des retraites.
Tout compte fait, les négociations sur la réforme de retraite risquent d’être plus longues et plus laborieuses que celle relatives au régime d’assurance maladie.


Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com