Après la mort de trois de ses soldats : Le ton monte entre le Pakistan et l’Otan





Les militaires pakistanais ont accusé les forces de l’Otan en Afghanistan d’avoir tué trois des leurs hier dans un raid d’hélicoptères au-delà des frontières. L’Alliance atlantique promet d’ouvrir une enquête.
Le Quotidien-Agences
Les autorités pakistanaises ont bloqué provisoirement à la frontière les convois de ravitaillement de l’Otan dans la passe de Khyber, la principale voie d’approvisionnement terrestre des forces internationales en Afghanistan, selon des hauts responsables militaires.
La décision d’Islamabad est intervenue après la mort de trois de ses soldats lors d’un raid de l’OTAN à la frontière avec l’Afghanistan.
Le Pakistan avait déjà protesté avec véhémence lundi dernier contre deux premières «violations» de son espace aérien lors de deux raids de l’Otan vendredi et samedi, à partir d’une région afghane sous la responsabilité des soldats américains au sein de l’Otan. L’Alliance atlantique avait reconnu et assuré avoir tué plus de 30 insurgés.
La force de l’Otan (Isaf) avait invoqué alors une impossibilité de joindre les forces pakistanaises sur le moment et un «droit de poursuite» si elle était attaquée en Afghanistan par les Talibans qui se replient souvent sur leurs bases arrières au Pakistan.
Une troisième attaque d’hélicoptères avait été lancée lundi, tuant cinq civils selon des officiers. L’Otan avait assuré que ses appareils avaient tiré depuis l’Afghanistan et n’être pas au courant de victimes.
«Hier matin, dans une attaque non provoquée, des hélicoptères de l’Otan ont pénétré dans notre espace aérien et visé un poste militaire du corps des gardes-frontières tuant trois soldats et blessant trois autres», a déclaré un haut responsable militaire à l’AFP, sous couvert de l’anonymat.
L’information a été confirmée à l’AFP par trois autres officiers des forces de sécurité pakistanaises.
L’attaque a eu lieu dans le village de Mandati Kandaw, dans le district tribal de Kurram, frontalier avec la province afghane de Paktya.
Dans un communiqué, l’Isaf à Kaboul a presque aussitôt reconnu que ses appareils avaient ouvert le feu sur «un groupe d’insurgés qui tentaient de tirer au mortier sur une base de la coalition» en Paktya.
«L’équipage a rapporté qu’ils n’avaient pas pénétré dans l’espace aérien pakistanais et pensaient que la position des insurgés était en territoire afghan», poursuit l’Isaf.
«Les responsables militaires pakistanais ont informé l’Isaf que des membres de ses forces frontalières avaient été touchés par les tirs de la coalition. L’Isaf est en train de travailler avec le Pakistan pour (...) savoir si les deux événements sont liés, l’incident fait pour l’heure l’objet d’une enquête», conclut l’Isaf.
Les incursions de vendredi et samedi, au-delà du mandat confié par les Nations unies à l’Isaf, selon Islamabad, avaient fait l’objet mardi de discussions entre les Etats-Unis et le Pakistan, avait annoncé le Pentagone.
Les deux tiers des forces internationales en Afghanistan sont américaines et sous commandement américain.
L’Isaf n’a été en mesure de notifier les incidents à l’armée pakistanaise qu’après coup, faute d’avoir pu entrer en contact avant, avait plaidé le Pentagone.
Le Pakistan est régulièrement accusé, notamment par Kaboul, de laisser opérer dans ses zones tribales frontalières, des groupes d’insurgés afghans.
En revanche, le Pakistan ne proteste plus depuis longtemps contre les tirs de missiles par des drones américains, quasi-quotidiens depuis début septembre, qui y ciblent des responsables d’Al-Qaïda, ainsi que leurs alliés Talibans pakistanais et afghans.
De nombreux médias américains et pakistanais assurent que ces attaques des drones de la CIA en territoire pakistanais sont le fruit d’un accord secret entre Washington et Islamabad, qui soutient la «guerre contre le terrorisme» des Etats-Unis depuis fin 2001.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com