Cinéma : Début du tournage de «La soif noire» :A une exception près !





Le premier coup de manivelle du film très attendu de Jean-Jacques Annaud avec Antonio Banderas sera donné courant octobre... en Tunisie.
Le début du tournage de la prochaine production de Tarak Ben Ammar est l’occasion pour nous de revenir sur l’unique œuvre à laquelle son nom est associé et qui mérite malheureusement, de rester aux oubliettes, à savoir «Ballistic : Ecks vs Sever».
Il est des films qui réunissent tous les atouts pour rencontrer le succès escompté en salles. Mais certains de ces films, faute d’un metteur en scène expérimenté ou peu inspiré, connaissent soit un succès mitigé, soit comme «Ballistic», un véritable ... flop. Un véritable échec artistique et, ce qui en découle inévitablement, un échec commercial. Chose fort regrettable car toutes les cartes étaient aux mains des producteurs et du réalisateur pour marquer l’esprit du cinéphile et faire de ce film un grand moment de cinéma.
En effet, la star de renommée internationale et d’origine espagnole Antonio Banderas et l’actrice sino-américaine Lucy Liu sont la personnification de l’exotisme du charme et de l’évasion sur grand écran. Des stars qui figurent au générique d’un film dont le scénario est propice à une débauche de d’effets spectaculaires.
Et surtout le lieu du tournage, Vancouver. Cette ville canadienne située à la frontière des Etats-Unis est très prisée des chaînes de télévision puisque l’on y a tourné nombre de séries télévisées.
«Balistic : Ecks vs Sever» était donc un film destiné à rencontrer son public, s’il n’y avait eu quelques ratés. Et en premier lieu les acteurs. Des comédiens qui livrent une prestation pour le moins superficielle et qui, force est de le reconnaître, déçoivent énormément par la qualité de leur jeu. Un jeu poussif. De même, les références trop criardes au film «Matrix» et au cinéma de Hong Kong empêchent le réalisateur inexpérimenté de déployer son imagination et d’innover. D’où l’usage excessif de flash back.
Le procédé du flash back est très mal utilisé dans ce film, dans la mesure où il ralentit l’action et déroute le spectateur en le renvoyant à une séquence qui n’a rien à voir avec celle en cours. D’autres choix esthétiques rendent perceptible l’idée selon laquelle le réalisateur Wych Kaosayananda est débutant. Comme lorsqu’il se contente de mettre pêle-mêle à l’écran les meilleures scènes qu’il ait vues sur bobine. Certes la plupart des réalisateurs nord américains le font, mais ils recyclent en mettant leur touche personnelle, en leur appliquant leur propre vision artistique.
Quant à la chorégraphie et la musique, elles sont moyennement réussies et fortement redondantes.
Le spectateur a beau chercher des scènes qu’il pourrait garder comme souvenir, mais il n’en est rien. Après la projection, il remet le DVD dans sa boite avec un certain goût amer en se disant que cette œuvre aurait pu figurer au panthéon des meilleurs films d’action et d’aventures du 7e art.
Un parcours exemplaire
La personne de Tarak Ben Ammar n’est plus à présenter. Travailleur chevronné, son curriculum vit? est des plus impressionnants. Et les adjectifs ne manquent pas pour qualifier sa personne et ses choix commerciaux. Audacieux lorsqu’il s’agit de distribuer «La passion du Christ» de Mel Gibson. Patriote lorsqu’il réussit à convaincre des cinéastes répondant aux noms de Steven Spielberg et Goerges Lucas à venir tourner leur célèbres sagas «Indiana Jones» et «Star Wars» en Tunisie. Et téméraire et chevronné lorsqu’il engage une procédure contre Universal Studio. Procédure qui lui coûtera par ailleurs, 6 millions de dollars en frais d’avocats et mettra dix ans pour aboutir et suite à laquelle il touchera la somme la 14,6 millions de dollars.
Une question s’impose néanmoins. Pourquoi donc Tarak Ben Ammar nous donne-t-il l’impression de négliger le cinéma de son pays? C’est une question légitime, puisque c’est à sa patrie qu’il doit son succès et peut-être même sa fortune. C’est peut-être plus facile, plus rassurant de travailler avec des stars internationales. L’homme, on le sait, est très intelligent et peut réaliser l’équation entre l’exigence de la promotion de jeunes Tunisiens et l’exigence du profit international.


M. WALEY EDDINE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com