Trafic routier : Constamment classé rouge





Sur les routes et autoroutes périphériques : flux importants de véhicules, chantiers  interminables, embouteillages monstres, perte de temps, de carburant, environnement affecté…
Celui qui n’a jamais pris une des autoroutes de la banlieue de Tunis, n’a aucune idée sur la circulation impossible à toute heure.
Les entreprises ont gagné des marchés pour la construction et le réaménagement de plusieurs axes routiers… Personne ne doute des efforts de l’Etat pour multiplier les ouvrages et rendre la circulation plus fluide. Résultat : le paysage urbain s’est grandement transformé et toutes les zones sont devenues reliées les unes aux autres. Cette politique qui fait notre fierté est à saluer. Surtout qu’en terre d’Afrique, les ingénieurs tunisiens jouissent d’une bonne presse et sont très sollicités pour ériger infrastructure et autoroutes dans plusieurs pays subsahariens.
Pourtant, les bouchons n’en finissent pas et le trafic est pratiquement classé orange voire rouge pendant plusieurs heures de la journée. Les usagers râlent et n’arrivent pas à se faire à cette situation. Ils disent que s’il y avait des moyens de transport en commun fiable à proximité, ils n’hésiteraient à abandonner leur véhicule.
Travaux et circulation tenace
«J’habite une cité sur les hauteurs de Gammarth depuis trente ans et je travaille au centre ville. Obligée donc de faire la navette deux fois par jour. Le pire : je dois passer quotidiennement par la Marsa pour déposer mon fils aîné au lycée français. Ceci me fait tourner déjà la tête de bonne heure. Puis c’est la galère. L’autoroute est constamment bondée. Depuis plus d’une année, des chantiers ont été entamés et pas encore achevés. Ceci nuit horriblement à la circulation. Autrefois, il n’y avait pas autant de cités, d’habitants et de véhicules. Mais aujourd’hui, avec la décentralisation de l’administration, le boom économique et la construction de bon nombre de quartiers d’affaires dans la banlieue, la donne a changé de fond en comble. De l’autre côté, à El Menzah dans la proche banlieue de Tunis, ce n’est pas mieux. Mon frère ne cesse de me parler de la circulation et du manque à gagner dans son entreprise de dépannage à domicile. On est sur la même longueur d’onde…», raconte Zeïneb la banquière.
Si Zeïneb se plaignait uniquement de la circulation et des heures perdues inutilement à changer de vitesse, son cousin Mohamed Ali, le médecin urgentiste est constamment sur ses nerfs. «On m’appelle souvent de l’hôpital pour des cas urgents et il m’est arrivé tant de fois d’arriver après coup. C’est-à-dire, trop tard… Sur la route Tunis-Radès, je croise parfois des ambulances bloquées dans des bouchons et leur passage est impossible. Je me demande pourquoi nos ingénieurs n’ont pas prévu des passages pour les urgences. Je me demande aussi, pourquoi on n’affiche pas sur un tableau lumineux l’état des routes. Ceci atténuerait certainement l’encombrement…», raconte le médecin.
Au calme de la nuit
Mourad a un taxi. Il croit pouvoir conquérir le monde avec sa petite cylindrée et gagner les millions. «Je ne vous cache pas, je ne sors jamais pendant les heures de pointe. Car ceci me coûte les yeux de la tête. Rarement, je passe à la quatrième vitesse et le réservoir ne fait que consommer du carburant. Ainsi, je me vois perdant de tous les côtés : l’usure du moteur, la consommation élevée d’essence et toute ma journée est bouffée. Quant à mes nerfs, ils sont plus que jamais mis à vif…
Sur les autoroutes, tout le monde est hors de lui et a les nerfs tendus devant les longs cortèges de voitures qui roulent au pas. Tant pis pour les klaxons qui n’arrêtent pas…».
Comme Mourad, Mehdi gagne son pain de son taxi. Mais il a choisi la nuit pour se mettre à son volant et servir ses clients. «J’ai tout essayé et rien n’a marché. Et pour que mon compteur tourne bien, j’ai choisi de travailler de nuit. Dans les sens des départs ou des retours, c’est plus fluide la nuit. Puis l’éclairage public n’est pas mauvais. La mécanique ne s’use pas aussi vite et je suis beaucoup moins débordé et moins fatigu酻, relève-t-il.


Z. ABID KEFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com