Etudiants et logement : Un casse tête cyclique





Un mois après la rentrée universitaire, un grand nombre d’étudiants se démènent encore, à la recherche d’un logement.


Comme chaque année, les étudiants tunisiens originaires de régions éloignées se trouvent confrontés à un marathon désormais habituel : les foyers universitaires sont trop pleins pour répondre à la demande, et le logement privé est considéré comme trop cher.
En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur autorise les étudiants de première année habitant à trente kilomètres ou plus de leurs lieux d’étude à bénéficier de foyers universitaires publics. Ce service est disponible pendant deux ans pour les étudiantes et un an pour leurs collègues masculins. «Passé ce délai, les étudiants doivent rechercher un logement privé. Et la tâche n’est pas simple, en particulier pour ceux d’entre nous disposant de moyens financiers limités», affirme, Nadia Hamrouni, étudiante en troisième année à l’ISG. «Personnellement, je serai contrainte de racler le fond de mes poches pour pouvoir payer des logements privés très chers si je compte continuer mes études».
Pour sa part, le ministère justifie ce système, citant le nombre croissant d’étudiants d’une année sur l’autre et l’incapacité de ces «cités universitaires» à répondre à cette augmentation.
«Au cours des dernières années, le gouvernement tunisien a encouragé la construction de résidences privées, en proposant des primes à l’investissement ou en concédant les terrains à bas prix. Ces mesures d’incitation ont eu leurs effets : entre 1997 et 2006, 89 résidences privées ont été construites en Tunisie», note une source bien informée.
«Franchement, je pense que le fait de construire de nouvelles cités ne résout pas le problème du logement», affirme Hassen Lachgar, étudiant en troisième année philosophie. «Les étudiants doivent toujours faire face à des loyers élevés et à des services souvent inexistants à savoir, la télévision, les douches et la climatisation» ajoute Hassen.
Dans le même cadre, M. Wahid Tebben, architecte à Sousse et père d’un étudiant à l’IPSI, pense que les foyers privés ne semblent pas résoudre les problèmes des étudiants. «Malgré les incitations proposées par l’Etat au secteur privé, les propriétaires de ces résidences ne tiennent pas leurs promesses en termes d’entretien et de garantie de conditions de vie pratiques, en particulier en agissant sur les prix et en les augmentant au début de chaque année universitaire», explique-t-il au «Quotidien».
De fait, Une chambre dans un foyer universitaire privé coûte entre 50 et 200 dinars par mois, selon son emplacement, sa superficie et les services fournis. Mais les étudiants se plaignent que les propriétaires de ces résidences profitent de la demande et ne s’en tiennent pas aux prix indiqués. Nombre d’entre eux augmentent les prix ou coupent l’eau ou l’électricité pour réaliser des économies, expliquent plusieurs étudiants locataires.
«Au contraire», explique Henda Jallouli, propriétaire d’un foyer privé à El Manar, «nous offrons les meilleurs services aux étudiants. Il est vrai que nous essayons de rentabiliser nos investissements mais nous essayons également d’encourager les étudiants à ne pas quitter notre résidence. Cela dit, nous leur offrons tous les moyens possibles pour qu’ils soient satisfaits».
Entre foyers publics et privés, le logement sera toujours un casse-tête inévitable et cyclique pour les étudiants provenant de l’intérieur du pays.


Samah MEFTAH




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com