Contre-plongée: La nouvelle saison a-t-elle démarré ?





La rentrée culturelle 2010-2011 a bel et bien commencé avec le démarrage de plusieurs manifestations, musicales notamment. «Mûsiqât», qui bat son plein à Sidi Bou Saïd vient d’être suivi par l’Octobre Musical de Carthage. Et du côté du cinéma, comment cela se passe-t-il ?
Il est vrai que les journées cinématographiques de Carthage, prendront bientôt le relais. Mais ce festival biennal, avec ses compétitions ouvertes aux films arabes et africains, ne peut, en aucun cas, marquer le démarrage de la saison cinématographique, un 23 octobre !
La saison commerciale, allons-nous dire, a repris à petits pas depuis quelques semaines déjà, et en dents de scie. Les nouveautés se font en effet très rares au moment où l’on devrait plutôt les attendre, en début de saison. Si bien, qu’actuellement, un seul film tunisien est heureusement en première vision sur nos écrans. Il s’agit de «Fin décembre», le second long métrage de Moëz Kammoun. Un film qui ne fait pas l’unanimité autour de lui et qui, techniquement du moins, est très réussi. Il vient d’être sélectionné en compétition aux JCC. Mais, touchons du bois, tant qu’une nouveauté cinématographique, tunisienne de surcroît, fait son apparition et demeure plus d’une semaine à l’affiche. Le reste de la programmation est plutôt inconsistant, tout simplement. Il incite peu au déplacement. Des reprises encore et toujours ; des films qui datent de plusieurs années sont projetés actuellement sur les écrans des quelques salles qui restent encore fonctionnelles dans la capitale. Seul «Crash», du réalisateur canadien David Cronenberg, sort comme par hasard du lot des navets américains, sino-américains et égyptiens. Et pour l’anecdote, Jackie Chan, le «maître» chinois des films d’action, est en seconde semaine ! Les reprises peuvent parfois bien marcher, quand l’exploitant et le distributeur d’une salle ont le flair et connaissent bien leur public potentiel. De plus, la majorité des salles fonctionnent uniquement l’après-midi, avec trois séances : à 14 heures, 16 heures et 18 heures. Car, on ne peut pas veiller, voire aller au cinéma le soir, du fait de l’absence de moyens de transport. A moins que la ville devienne noctambule, même en hiver, avec une programmation cinématographique des plus intéressantes, qui mériterait toutes les sorties. Et quand aurons-nous droit à une vraie saison cinématographique, malgré toutes les promesses, les réalisations et les solutions déjà trouvées ? Les projets à venir donneront peut-être des éléments de réponse à ces questionnements. Des multiplexes pousseraient à Tunis. Mais aurons-nous, au moins, des films nouveaux, en début de saison ? Cette habitude d’afficher d’anciens titres existe depuis la fin des années quatre-vingt du siècle dernier. Dire que le public n’existe plus reste une idée fausse. Les projections spéciales, les semaines de films, déjà organisées, ont prouvé l’engouement d’un certain public, faut-il le préciser, et ils sont nombreux pour des films de qualité, qu’ils soient nouveaux ou parmi les classiques du cinéma mondial.


Lotif BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com