Le jeu et les joueurs : Deux éclairs … en pleine grisaille





A défaut de manière, le Onze tunisien a réalisé l’essentiel, à savoir la victoire.  Les meubles ont donc été saufs, en attendant une tangible postulation vers le haut.
Au coup de sifflet final, tout le monde a poussé un indicible ouf de soulagement. Le sélectionneur national se voit ainsi octroyer un sursis, en référence à l’ultimatum que lui a donné le boss fédéral, une position plutôt repréhensible. Quant aux joueurs, mis au pilori depuis longtemps, il ont échappé à un naufrage collectif qui aurait pu lourdement les discréditer.
Pour revenir au match, il a donné à voir une jeu assez décousu de part et d’autre. Côté tunisien, rarement l’on a développé des séquences dignes d’être mises en exergue, hormis les actions ayant amené les deux buts tunisiens. Fort heureusement, les lacunes de mise ont été comblées par une rage de vaincre qu’on avait perdue de vue depuis un long bail. Autant affirmer que le 4-4-2 préconisé par Marchand a été globalement dépourvu d’incisivité, du moins jusqu’à la 58’, lorsque Darragi fit son apparition sur le terrain.
Défense
Le compartiment défensif fut globalement le principal motif de satisfaction malgré son aspect new look.
En effet, les deux défenseurs axiaux, Yahia et Saïdi, ont été pour la première fois associés, outre le baptême du feu du gardien, Naouara.
La charnière centrale s’en est bien sortie, Yahia confirmant sa robustesse et son statut d’élément désormais incontournable. Quant à Saïdi, un seul reproche peut lui être adressé, à savoir sa passivité au niveau du timing de réaction sur le but togolais. La même remarque vaut pour le latéral gauche, Jmel, qui s’est laissé niaisement déborder sur la même action, même si sa prestation d’ensemble fut assez remarquable.
Quant à Boussaïdi, bien que légèrement handicapé par une blessure, il a confirmé son statut de titulaire en puissance au poste de latéral droit, en conciliant avec bonheur les tâches défensives et offensives. Le dernier rempart, enfin, Naouara, n’a tiqué que sur l’action du but, à la lumière de sa sortie dénuée d’assurance et de fermeté. Sinon il aura sauvé quelques situations alarmantes.
Milieu de terrain
Jusqu’à l’incorporation de Darragi, il n’y a eut pratiquement pas de ligne médiane digne de ce nom.
C’est qu’entre les deux pivots, Korbi et Traoui, et Ben Khalfallah et Dhaouadi, censés apporter leur concours à l’animation offensive, il y avait un hiatus béant. Si les deux premiers se sont acquittés de leur rôle, en ratissant large et en couvrant les parties les plus névralgiques du terrain, du moins défensivement, les deux autres ont été par trop transparents. Ils n’ont été d’aucune utilité et sur le plan défensif en rechignant à l’effort, si bien que des failles défensives ont été créées sur les montées des latéraux, et sur le plan offensif, au vu de leur positionnement trop écarté sur les couloirs externes. Ils n’ont pu, de la sorte, constituer un véritable relais de transition avec la ligne d’attaque, condamnant les défenseurs et les pivots à un jeu à la verticale qui a donné à voir un milieu survolé. Ce n’est qu’après l’entrée de Darragi que le 4-4-2 a retrouvé ses lettres de noblesse, avec une réelle animation.
Et c’est suite à une passe lumineuse de Darragi, qui a fait preuve de beaucoup de maîtrise technique et d’intelligence, que le but de la délivrance a été marqué.
Attaque
Le plus clair du temps, le duo d’attaque Jemaâ-Allagui fut isolé, à cause de l’éloignement des lignes et du manque de soutien des demis. Le premier a valu, comme d’habitude, par son abattage et son opportunisme, alors que le second n’a rien réussi de fructueux.
Ce n’est qu’après l’incorporation de Chermiti que la ligne avant a gagné en percussion, conjuguée au précieux apport de Darragi en créativité.


Wahid Smaoui




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com