Dans une décennie, en Tunisie/ Le raz-de-marée numérique

La réduction de la fracture numérique pour faciliter l’accès à la société du savoir et de la communication est le grand thème du jour en Tunisie. Thème donc à enjeux multiples qui sollicitent, entre autres, l’université pourvoyeuse en matière grise. Le forum, qui vient d’être organisé par l’Ecole supérieure des communications de Tunis sur le thème de l’ «Image» a permis de jeter différents éclairages. Et notamment sur la télévision numérique terrestre et ses applications. Camus, contemployant les toits de Paris, y voyait une mer étalant vers l’infini ses reliefs peuplés de mansardes, de clochers et de vêtements de briques, d’ardoises et de pierres. Un tissu de prose et de poésie couronnant une sédimentation architecturale séculaire. Les toits de Tunis, moins vastes, ne le cèdent en rien à ceux de la ville-lumière. Ils narrent, eux-aussi, une singularité qui s’exprime à travers des signes, repères et symboles d’une grande diversité. Il y en a d’ordre culturel, d’ordre religieux et… aussi d’ordre technologique. En effet, antennes paraboliques et antennes en T parsèment une tapisserie blanc et gris. C’est la partie apparente de l’iceberg. Que cache la partie immergée? Une cohabitation, dans nos intérieurs, des deux systèmes de réception des canaux de la télévision, l’analogique et le numérique. Cette cohabitation qui en est actuellement à un coude-à-coude très serré finira, à la longue, par un jet de l’éponge de la part du premier nommé. Les avantages du numérique M. Raouf Chekir, PDG de l’Office national de Télédiffusion a laissé entendre dans son intervention au cours de ce forum sur le thème «Télévision numérique terrestre et application» que le système analogique n’avait plus beaucoup de beaux jours devant lui. Dans une perspective décennale place nette sera faite au système numérique. C’est à la lumière d’une étude comparative qu’un tel constat s’impose. Et le conférencier d’énumérer les avantages du numérique par rapport à l’analogique. En effet, le numérique permet l’exploitation rationnelle et l’optimisation du spectre d’émission ainsi que la réduction de la bande passante qui peut ainsi renfermer tout un bouquet de canaux. Les signaux sont mieux protégés alors que ceux de l’analogique sont sensibles aux bruis, à la distance. La qualité de l’image est assurée, notamment pour les zones éloignées. Sans parler de l’économie d’énergie et de la meilleure mobilité radio et TV que ce système offre. En fait, qu’est-ce qui a impulsé le développement du numérique? Plusieurs facteurs ont concouru à cela : la prolifération des satellites, les besoins en production, la pression énorme des opérateurs, le développement de la fibre optique et, enfin, la technique de la compression des images à des prix abordables. L’échéance 2015 A une question relative à la situation de la Tunisie dans ce domaine, M. Raouf Chekir a précisé , à notre journal, que notre pays est actuellement dans une période transitoire, et que le passage de l’analogique au numérique se fait progressivement jusqu’à l’échéance de l’année 2015. Un programme d’investissement est élaboré pour honorer cette échéance qui verra la disparition totale du système analogique. Pour une telle entreprise, entrent en jeu des arguments d’ordre technologique et économique. Il s’agit de ne pas rater le train dans cette avancée remarquable dans le domaine de la connaissance. La fracture numérique est, en effet, en train de s’approfondir dans le monde et l’accès à la société du savoir et de la communication risque d’en être hypothéqué. Il y a donc urgence à prendre les devants. Au plan économique, une telle option est plus rentable que l’ancien système. Un émetteur analogique coûte, à lui seul, 600.000 dinars, alors que, pour le même coût, on peut s’offrir un émetteur comprenant plusieurs canaux de télévision. En outre, au niveau domestique, on se doit d’accélérer la mise en place du Home Net Work, c’est-à-dire intégrer chez soi les applications du numérique. Tout un pari à relever donc. Et qui est à notre portée, car la stratégie nationale de développement du secteur des télécommunications a donné une belle part à la formation de compétences au diapason de la révolution numérique. A. CHORFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com