Mûsiqât 2010 : Sabahat Akkiraz et les chants profonds d’Anatolie





Pour clore sa cinquième édition, «Mûsiqât» a invité la cantatrice turque Sabahat Akkiraz,
pour un voyage avec les chants d’Anatolie.
Le patio du centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes «Ennejma Ezzahra», arrivait à peine à contenir le nombre considérable de spectateurs, dont quelques un étaient des fidèles de cette manifestation annuelle, qui, par moments, exprimait les rapprochements entre les rythmes et les sons turcs et tunisiens. Mais il y avait encore plus, ce soir-là. Sabahat Akkiraz faisait découvrir, ou redécouvrir, à un public conquis, le volet musical de la tradition Alevi-Bektashi, qui est considérée comme l’une des plus vieilles cultures d’Asie mineure. Ce répertoire, elle le ressuscite, en usant admirablement de sa voix forte, belle, et non moins porteuse d’une culture musicale séculaire et spécifique.
L’orchestre qui l’accompagne est formé de musiciens qui jouent d’instruments traditionnels (à vent, à cordes et à percussions). La cantatrice interprétait ses chansons passionnément et venait exprimer l’âme d’une musique méconnue parfois. Des chants d’amour, mais aussi religieux, des odes et des hymnes, des chansons folkloriques. Vêtue de turquoise, Sabahat Akkiraz symbolisait la douceur et la beauté et sa musique rappelait le folklore byzantin et grec. Les Turcs avaient conquis des pays d’Europe de l’Est, d’où ces connotations. Le programme de ce concert oscillait entre les chansons aux rythmes lents, où les improvisations sur le «Bouzok» ou la clarinette émergeaient du lot et les rythmes rapides. La chanteuse s’emportait et improvisait des mouvements dansants, toute heureuse devant sa musique et son public ravi.
Puis ce furent la «Zorna» (La Zokra de chez nous) et le «Tbal» qui venaient enflammer l’ambiance. On s’était cru devant un orchestre tunisien. Le «Tabbel» et le «Zakkar» y prenaient leur pied. Le public suivait par applaudissements scandés et interposés. Une autre soirée exceptionnelle qui avait clos en beauté et en grande fête «Mûsiqât», version 2010.


Lotfi Ben KHELIFA




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com