Le mal « imaginaire » chez l’enfant : A prendre absolument au sérieux !





Il y a deux jours, il se plaignait d’avoir mal à la tête, aujourd’hui, il dit avoir mal au ventre…
Sauf que son médecin dit qu’il est en bonne santé. Quel est ce mal imaginaire ?
A l’heure du coucher, il se met à geindre. Au bon milieu de la nuit, il se réveille en sursaut et dit avoir fait des cauchemars. Au réveil le matin, il dit que ses membres lui font mal, hier c’était le mal au ventre et demain, il aura sûrement aussi mal quelque part… Et pourtant son médecin dit qu’il est en pleine forme physique ! Que doit-on faire ? Ignorer les maux « imaginaires » de l’enfant ?
Mme Nasri, psychologue, nous explique les antécédents de cette «comédie».
«Aucun enfant ne va prétendre avoir mal sans qu’il n’y ait un hic quelque part. Si le médecin dit qu’il est en bonne santé physique, ceci est certes vrai, mais son mal-être aussi est sûrement réel. Un enfant qui prétend tout le temps avoir mal est sûrement en train de souffrir d’une situation qu’il ne vit peut-être pas très bien ou essaye encore d’obliger ses parents à lui accorder plus d’intérêt. Donc, il faudrait cerner la raison qui le rend aussi mal à l’aise et qui l’oblige à mentir sur son état de santé !
La première chose à vérifier est de savoir si, au sein de la famille, quelque chose a pu l’affecter. Parfois, il s’agit d’un événement douloureux : décès, séparation, déménagement, scène de ménage, violence, la naissance d’un petit frère… Certaines situations peuvent en effet perturber l’enfant momentanément. L’enfant essaye de transmettre un message à travers son prétendu mal. Sa «maladie» serait donc liée à un changement spécifique. La meilleure solution est d’installer le dialogue et de prendre son « mal » au sérieux même si le diagnostic du médecin confirme qu’il n’a rien. L’enfant doit être rassuré et on ne doit pas ignorer les raisons qui l’inquiètent le rendent triste ou lui font peur. On doit donc le mettre en confiance, l’inciter à parler et le soutenir.
Cela dit, souvent il n’existe aucun événement spécifique qui a pu l’affecter. Si à la maison, il n’y a eu aucun problème, il faut chercher la cause à l’école. Effectivement, nombre d’enfants font semblant d’avoir mal parce qu’ils ne veulent pas aller en cours. Si cela se produit une ou deux fois, il est possible qu’il n’ait tout simplement pas fait ses devoirs et qu’il ait peur d’être puni. Il échapperait donc à cette responsabilité en prétendant avoir mal. En revanche, si cela se reproduit fréquemment, il faut se pencher sur la question. Il est probable qu’il ait des problèmes relationnels ou qu’il ait peur de l’école ! Les parents ne doivent pas, dans ce cas, le blâmer et l’obliger à aller en cours parce qu’on a su qu’il a menti sur son état de santé. L’enfant doit savoir que ses parents cherchent à connaître la raison pour pouvoir l’aider et trouver ensemble une solution. Il doit sentir qu’il n’est pas seul avec son problème !
S’il ne dit toujours rien, les parents doivent se renseigner auprès de l’école. S’il s’avère qu’il a peur de l’école, l’enfant aura besoin d’un suivi de la part d’un spécialiste. Si on laisse traîner une peur de l’école, le problème peut s’enraciner et se transformer en une phobie de l’école. L’on doit aussi s’assurer s’il a des difficultés à se faire des amis ou s’il est victime de maltraitance de la part de ses camarades !
De toutes les manières, un mal imaginaire a toujours une raison. C’est du devoir parental de ne pas laisser la situation prendre racines. Si l’enfant se plaint tout le temps de maux que le médecin traitant ne peut pas confirmer, il est essentiel de poser des questions à l’enfant. Si ce dernier garde le silence, il faut l’emmener chez un pédopsychiatre ou un psychologue. Généralement, une seule consultation peut mettre un titre sur son mal. Certes son comportement ne changera pas immédiatement, mais s’atténuera progressivement lorsque le problème lié à l’objet de son anxiété sera résolu. Tout ce dont a besoin un enfant, c’est d’avoir toute l’attention de ses parents et leur soutien !»


Abir CHEMLI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com