Séminaire sur “les Arabes après la guerre d’Irak”/ Le chaos à l’américaine





En ce moment où le monde arabe est confronté à des défis historiques, les élites intellectuelles semblent être au rendez-vous pour appréhender les questions les plus brûlantes qui se rapportent à la réalité arabe et esquisser les réponses les plus à même de relever ces défis. Le séminaire qu’organise l’Association des études internationales est, à cet effet, une rencontre qui s’inscrit dans la droite ligne des préoccupations générales du monde arabe. Cette rencontre est d’autant plus importante qu’elle réunit un bon nombre de spécialistes et d’analystes éminents et qu’elle advient également à deux semaines de la tenue de la réunion au sommet de la Ligue arabe. Dans sa communication, M. Béji Caïd Essebsi a estimé que la situation déplorable du monde arabe actuel est le résultat d’accumulations historiques qui ont engendré une série d’échecs dont le dernier est celui de la guerre d’Irak. M. Caïd Essebsi constate que cela est dû à la stratégie américaine d’établissement d’un système sécuritaire basé sur l’axe Israël-Turquie. Ce système consacre, entre autres, la marginalisation des Arabes auxquels les Etats-Unis proposent le fameux projet du Grand Moyen-Orient. La stratégie américaine obéit également, selon M. Essebsi, à l’objectif de la lutte contre le terrorisme. Cette lutte nécessite, au vu des hauts responsables américains, une présence militaire plus intense au Moyen-Orient par l’augmentation de bases militaires. Diviser pour régner M. Antoine Sfeir, directeur de la revue «Les Cahiers de l’Orient», éditée à Paris, a fait une approche historiciste de la situation actuelle du monde arabe. En parcourant les grands moments historiques de l’évolution du projet arabe, M. Sfeir a dégagé les grandes fractures et les dates-charnières qui ont accompagné le processus depuis le traité de Sykes-Picot. Il a souligné que le conflit armé du Canal de Suez de 1956 a marqué la marginalisation quasi totale des ex-puissances coloniales, en l’occurrence la France et la Grande-Bretagne au profit des superpuissances américaine et soviétique. Cette polarisation internationale s’est accompagnée, selon lui, d'une autre au sein du monde arabe. Désormais, les Etats-Unis ont tablé sur l’Arabie saoudite en tant qu’Etat théocratique qui, de surcroît, dispose d’une énorme réserve de pétrole, alors que l’URSS a parié sur l’Egypte nassérienne en tant qu’Etat pseudo-laïque. Avec la chute de l’URSS, le monde arabe est, selon M. A. Sfeir, entré dans une nouvelle phase. L’alliance entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite est remise en question, surtout après les événements du 11 septembre. Qui plus est, l’intervention militaire des Etats-Unis en Irak s’inscrit, selon M. A. Sfeir, dans la stratégie américaine du chaos. D’après lui, les Etats-Unis œuvrent à attiser les conflits internes, entre les diverses entités et minorités du monde arabe, selon la vieille méthode qui consiste à diviser pour régner. La Constitution parachutée De son côté, M. Ihab Wahba, secrétaire général adjoint de l’“Association des Amis de la Ligue arabe” a déploré les présumés objectifs de démocratisation du monde arabe qui ont servi de prétexte à la guerre contre l’Irak. Il a, à cet effet, évoqué la Constitution irakienne qui a statué sur le futur Etat irakien. En décidant que l’Irak allait être un Etat fédéral, la Constitution est, selon lui, passée outre la volonté du peuple irakien. Par ailleurs, l’Irak n’est pas, selon lui, le seul pays concerné par la pression et l’interventionnisme américain. D'autre pays arabes sont actuellement harcelés par les Etats-Unis tels que la Syrie et le Soudan. Abdelmajid HAOUACHI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com