Irak : Tarek Aziz condamné à mort





La Haute cour pénale irakienne a condamné à mort hier l’ancien vice-Premier ministre Tarek Aziz,  pour son rôle présumé dans la répression contre la communauté chiîte dans les années 80.
Le Quotidien-Agences
Tarek Aziz, emprisonné depuis sa reddition en 2003, juste après l’invasion américaine de l’Irak, a été condamné à mort en même temps que deux autres piliers du régime de Saddam Hussein, l’ancien ministre de l’Intérieur Saadoun Shaker et l’ancien secrétaire du raïs, Abed Hmoud.
«Cette décision concerne la répression contre les partis et dirigeants religieux chiîtes qui a eu lieu dans les années 1980», en pleine guerre avec l’Iran, «notamment contre Mohammad Baqr Sadr, tué avec sa sœur le 5 avril 1980», a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Haute cour pénale, Mohammed Abdoul-Saheb.
Sadr est le fondateur du parti Dawa, auquel appartient le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki.
«En possession de preuves suffisantes démontrant que Tarek Aziz a commis et participé à des meurtres avec préméditation et des crimes contre l’humanité, la Haute cour pénale a prononcé la peine de mort», a déclaré le président du tribunal Mahmoud Saleh Al-Hassan, selon les images diffusées par la télévision officielle Iraqiya.
Vêtu d’une chemise bleue marine et d’un T-shirt noir, s’appuyant à la barre, des écouteurs sur les oreilles, l’ancien dignitaire du régime déchu était visiblement fatigué.
Il a en outre été condamné à 15 ans de prison pour des tortures, et dix ans de prison pour crimes contre l’humanité, et tous ses biens seront saisis, a ajouté le magistrat.
Vengeance
Cette condamnation «est une opération de vengeance contre tout ce qui a trait au passé en Irak», a estimé son fils, Ziad Aziz, joint par l’AFP à Amman où il réside depuis 2003 ainsi que le reste de la famille Aziz.
Les condamnés ont un mois pour faire appel. Si la peine de mort est confirmée, elle devra encore être approuvée par le Conseil présidentiel avant d’être exécutée.
«Ce procès n’est rien d’autre qu’une farce», a estimé un des avocats de Aziz, Me Giovanni di Stefano, dans un communiqué.
Aziz, transféré en juillet du camp de détention américain Cropper à la prison irakienne de Kazimiya, est sous le coup de deux autres condamnations : en mars 2009, il a été condamné à 15 ans de prison pour «crimes contre l’humanité» après l’exécution de 42 commerçants en 1992. Puis en août, la Haute cour l’a condamné à sept ans de prison pour son rôle dans les exactions contre les Kurdes de confession chiîte dans les années 1980.
Sa famille a demandé à plusieurs reprises sa libération pour des motifs médicaux, notamment en raison de deux crises cardiaques.
Début septembre, un avocat de Aziz avait affirmé que le gouvernement irakien envisageait sa libération «en raison de la détérioration de son état de santé», une information démentie par un proche du premier ministre irakien.
Début août, Ziad Aziz avait affirmé que son père ne pouvait «plus marcher» tellement sa santé s’était dégradée.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com