Escroquerie via Internet/ Tunis et Sfax, premières victimes





Considérée jusque-là comme un mal qui ne touche essentiellement que le monde des affaires, l’escroquerie gagne de plus en plus du terrain dans le milieu virtuel et n’épargne pas non plus les internautes tunisiens. Eclairage sur un fléau en progression. Tunis - Le Quotidien Comme des milliers d’internautes tunisiens, M. Jalel R., fonctionnaire de son état, est un habitué des publinets de la place : Jusque-là, il se servait de l’Internet pour les usages classiques comme la messagerie, le «tchat» et pour des recherches entre autres. Un jour, il reçoit un message inhabituel en anglais. Il s’agit d’une proposition de business provenant d’un e-mail anonyme s’identifiant comme un ressortissant angolais résidant au Bénin. Ce dernier se présente sous l’étiquette du fils d’un haut responsable angolais. Il prétend, dans ce message, avoir fui son pays natal, alors ravagé par une décennie de guerre civile et, pendant de sa fuite, il a emporté avec lui, les dossiers du compte bancaire familial contenant plusieurs millions de dollars. «Des échanges de correspondance s’ensuivent et le soi-disant détenteur de l’importante somme d’argent épargnée me propose de l’aider à transférer la somme d’argent de son pays natal vers une autre destination en vue d’un investissement», raconte Jalel. «Curieux que je suis, je lui ai donné mon numéro de téléphone, à sa demande. Il a tenté de me contacter par ce numéro. Mais je me rends aussitôt compte, après la première conversation qu’il s’agissait d’une bande sonore enregistrée et qu’il n’y avait pas de communication téléphonique directe. Ce qui sous-entend d’une pure escroquerie», poursuit M. Jalel. Imed, un autre jeune internaute affirme recevoir de temps à autres des messages e-mail contenant des propositions de business. Avec plus de 600000 usagers, les internautes tunisiens sont de plus en plus ciblés par les escrocs du Net. Selon Ahmed El Wakdi, ingénieur informaticien, ces escrocs opèrent sous plusieurs étiquettes et avec plusieurs formules. «Certains opèrent par le moyen de logiciels spécialisés, type espionnage. Ils accèdent au répertoire du site web et aux comptes e-mail puis ils établissent une liste de personnes à cibler», explique l’ingénieur. Les comptes bancaires, nouvelles cibles Le plus surprenant dans ces opérations c’est que ces escrocs ciblent de plus en plus des comptes bancaires à l’aide de logiciels piratés, sur l’internet même. M. El Wakdi explique que des logiciels comme «Absorlume. com.qc» existent par milliers sur le Net. «Pour la plupart conçus par des grands groupes de piratage canadiens, russes. Certains logiciels permettent le décodage de numéros de compte et même l'espionnage de grands groupes bancaires», précise-t-il. Si ce phénomène n’a pas touché les milieux d’affaires en Tunisie, en raison du dispositif impressionnant de sécurité mis en place dans de nombreux établissements bancaires, ou chez des privés, les premières victimes commencent à se faire enregistrer. «Dernièrement, des fraudes via Internet ont été commises aussi bien à Tunis qu’à Sfax, via Internet» révèle l’ingénieur. En l’absence de statistiques sur les victimes de ces fraudes via Internet, il serait difficile d’engager une véritable lutte contre ces délinquants du Net. «Car ces fraudeurs opèrent partout dans le monde. Ils peuvent cibler quiconque. L’Internet leur a donné un réel pouvoir pour commettre ce forfait dans l’anonymat», explique M. El Wakdi. Il suffit qu’ils accèdent à l’annuaire d’un site comme yahoo.fr ou voila, pour choisir leur cible et partant leur future victime. Ousmane WAGUE ____________ La «fraude nigériane» En surfant sur certains sites web consacrés à la lutte contre les fraudes, on prend connaissance de quelques histoires des victimes malheureuses. On cite un certain Ali-Reza Ghasemi et sa femme qui ont perdu, il y a trois ans, l’équivalent de plusieurs milliers de dollars. Un autre, Lester Turner, s’est fait voler 28000 dollars, alors qu’on lui faisait miroiter une commission de 25 millions. Mais les plus grandes victimes de ces escroqueries restent les Américains. Certaines sources estiment qu’ils perdent en moyenne 100 millions de dollars par an dans ces escroqueries. D’autres sources comme le site crimes - of - persuasion. com évaluent ces pertes à un million de dollars par jour. La fraude via internet appelée aux U.S.A. «fraude nigériane» a occupé, selon le dernier rapport du National white collar crime center et du FBI, 15,5% des plaintes enregistrées aux Etats-Unis; en troisième position, après les plaintes pour irrégularités lors de ventes aux enchères (42,8%) et les fraudes sur marchandises non livrées ou paiements non effectués (20,3%). Ce même rapport révèle que près de 2600 personnes sont victimes de la «fraude nigériane». O.W.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com