Laaroussi Nalouti (Membre du Bureau politique du MDS) : «Parler de la succession de Boulahia est extrêmement prématuré»





M. Laaroussi Nalouti, membre du Bureau politique du Mouvement des démocrates socialistes chargé de l’information et de la culture, se prononce sur de nombreuses questions d’actualité et, surtout, sur un sujet où les rumeurs se multiplient de jour en jour : la succession de M. Ismaïl Boulahia, l’actuel SG du MDS.
Comment le MDS entame-t-il cette rentrée?
La rentrée politique du MDS démarre par de nombreuses activités. Cependant, c’est la création d’un Centre des recherches et d’études qui compte parmi les initiatives les plus importantes de la rentrée. Ce Centre a pour mission de ‘’mettre à jour’’ le discours du mouvement et son programme ; une mission intellectuelle qui est essentielle dans tout parti politique qui se respecte. Les premiers domaines sur lesquels ce Centre essaiera de trouver de nouveaux éclairages sont l’emploi et l’enseignement.
La rentrée du MDS est également fortement marquée par un intérêt particulier aux 16 députés MDS au sein de la Chambre des députés en vue de parfaire le fait que leurs positions soient accordées au mieux au discours et aux principes du Mouvement. Pour nos députés, des rencontres périodiques seront ainsi organisées, surtout pour le budget de l’Etat, pour que leur apport soit en phase avec les grands sujets actuels de la Tunisie.
Dernièrement, le 17 octobre, nous avons organisé une session de formation pour nos 77 conseillers municipaux (pour les régions du Nord et du Nord-Ouest). Et, le 14 novembre, ce sera le second volet pour nos 77 autres conseillers municipaux du Centre et du Sud. A l’adresse de la totalité de nos 144 conseillers, le thème central est l’Agenda 21 et le développement durable.
Votre parti est-il suffisamment présent dans les débats nationaux ?
En tant que premier parti d’opposition en Tunisie, notre participation à la vie politique est actuellement à un rythme de croisière mais elle n’est pas encore à la hauteur de nos ambitions.
Nous voudrions faire plus ; par exemple lancer le débat sur une révision du Code électoral dans le sens de faciliter le processus électoral au citoyen car il existe encore quelques difficultés au niveau de l’administration dans le domaine de la carte d’électeur. Pourquoi ne pas faire usage de la carte d’identité nationale comme carte électorale d’office? Ceci pourrait avoir effet de simplicité, d’accessibilité et donc d’attrait pour les jeunes intéressés aux élections.
Le second point que nous voudrions mettre en débat en matière électorale intéresse les têtes de listes sur lesquelles il existe, au sein des partis d’opposition, une controverse permanente car c’est pratiquement le numéro un de chaque liste qui a la chance d’être élu. Pourquoi alors ne pas diviser les grandes circonscriptions en plusieurs petits groupes pour ne pas rester otage de la proportionnelle ?
Dans un autre registre, savez-vous qu’un parti comme le MDS n’a seulement que 2 membres au sein du Conseil économique et social et seulement 1 représentant au sein de la Chambre des conseillers ? Notre représentativité est, certes, respectable mais elle est insuffisante !
Nous espérons qu’après le 7 novembre, la représentativité évolue au sein de ces institutions. Nous soutenons la candidature du Président Ben Ali et nous voulons voir sur la réalité son programme d’avenir.
Les rumeurs se sont multipliées à propos de la succession de M. Boulahia à la tête du MDS. Qui est favori ? La base pourrait-elle faire la surprise ?
Laissez-moi être absolument clair à ce sujet : parler de la succession est à présent extrêmement prématuré ! En tous cas sûrement pas avant le terme du Congrès ordinaire de 2012... et j’insiste bien sur le vocable ‘’ordinaire’’ car il n’y aura pas de Congrès extraordinaire comme il plaît à certains de le faire miroiter !
Notre Secrétaire général, M. Ismaïl Boulahia dit, et je cite texto: ‘’Le prochain Congrès aura une identité particulière ; il sera Démocratique-Electoral’’, fin de citation.
Je vous dis le plus clairement du monde que je suis avec cette opinion sans la moindre réserve. Nous sommes un parti démocrate, et s’il y avait des conditions qui nous portaient à la concorde par le passé, maintenant, c’est le moment du consensuel ; et, de là, nous sommes tous d’accord pour que le Congrès ordinaire de 2012 décide de la question de la succession avec le principe d’un Congrès de programmes et non de personnes... pour l’intérêt du parti et de la Tunisie.
Ceci dit, je vous répète que le Congrès sera démocratique et personne ne sera exclu, y compris l’actuel SG qui a droit à sa propre succession.


Manoubi AKROUT




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com