Huile d’olive : Le biologique, tremplin de l’exportation





Les exportateurs tunisiens continuent à traîner le pas sur le marché international, avec un total n’atteignant  pas les 10.000 tonnes pour 100 exportateurs. Le produit biologique serait-il le sésame recherché ?
Le 6ème séminaire national sur l’huile d’olive, tenu hier à la maison de l’exportateur, a donné lieu à un riche débat sur l’état des lieux dans le secteur, sous tous les angles, de la culture à l’exportation, en passant par la cueillette, la transformation et le conditionnement.
Il ressort des interventions que les dernières années ont vu la plantation avec des techniques modernes de dizaines de milliers d’oliviers, toutes variétés confondues. Ainsi, « la production ne serait plus une fonction des aléas climatiques et ne descendrait plus sous les 150.000 tonnes. Loin de là, elle pourrait atteindre facilement une moyenne annuelle de 250.000 tonnes au bout des cinq prochaines années », affirme M. Aref Belkhiria, président de la Chambre syndicale des exportateurs d’huile d’olive.
Une centaine d’exportateurs, mais …
Côté exportation, la question du potentiel financier a été encore une fois soulevée et on a répété pour la énième fois que la Tunisie ne dispose pas d’exportateurs aux reins solides pouvant stocker de grandes quantités de produit et réagir en fonction de l’offre et de la demande sur le marché.
Les statistiques récentes montrent que seuls quatre exportateurs tunisiens ont dépassé la barre des 500 tonnes. Pourtant, la Tunisie compte plus de 100 exportateurs mais la majorité d’entre eux travaillent sur de petites transactions ne dépassant pas les 20 tonnes.
Un tel état des lieux renouvelle l’appel à l’instauration d’une force exportatrice pouvant protéger le produit local et éviter de le brader pendant la haute saison. Mais, a-t-on les moyens d’une telle ambition face aux géants italiens et espagnols ?
Label tunisien
La question du label tunisien a été, elle aussi, soulevée. Des professionnels ont insisté sur la nécessité de développer un label local qui pourrait les différencier par rapport aux autres produits sur le marché. Les caractéristiques des terroirs étant très fréquentes de nos jours et nécessitent de gros investissements pour prendre place sur les étagères des grandes chaînes européennes de distribution, les professionnels ont plutôt penché pour l’emblème du produit bio qui a un attrait à l’échelle internationale. « C’est un label porteur sur tous les marchés du monde : Aux Etats-Unis, au Canada, en Chine, au Japon, dans les pays du Golfe, etc. Notre produit bio peut concurrencer d’une manière agressive ceux des concurrents sur ce segment », affirme-t-on.
Le produit BIO nécessite certes un suivi particulier mais il demeure un tremplin idéal pour l’essor de l’exportation, car les autres concurrents ont des oliveraies très touchées par les engrais chimiques, ce qui n’est pas le cas en Tunisie.

Mourad SELLAMI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com