Produits d’artisanat/ Pourquoi sont-ils si chers ?





A l’exception des bourses aisées qui se permettent tous les luxes, les produits d’artisanat ne sont toujours pas à la portée de Monsieur ou de Madame-tout-le-monde. Tunis - Le Quotidien En dépit de la promotion continue des produits artisanaux, le Tunisien reste souvent incapable d’accéder à l’artisanat à cause des prix. Du côté des souks de la Médina, les magasins qui vendent depuis belle lurette les objets d’artisanat, ne semblent pas se soucier de ce problème d’accessibilité aux Tunisiens. Pour eux, les premiers clients ciblés sont les touristes. Mais comme ces derniers sont en grande partie accaparés par des noms associés au monopole des souks, l’unique obsession est de reconquérir cette clientèle. Brahim gère un magasin qu’il a hérité de son père: “Il est vrai que les objets de qualité sont particulièrement chers et ce n’est pas le Tunisien commun qui peut se les permettre”, avoue-t-il. Mais à l’instar de ses collègues, cette histoire de prix ne l’inquiète pas autant que les difficultés dans lesquelles sombre le souk. Car dans cet endroit, la roue ne tourne bien que pour quelques magasins réputés, essentiellement pour le tapis. Celui-ci est cher aussi. Mme Thouraya Drira est une habituée de l’artisanat. Sa passion, ce sont les tapis berbères qu’elle multiplie chez elle. Elle ne les achète que dans un seul magasin. “Je n’accorde pas d’importance au prix, mais je sais que pour d’autres clients, ces tapis ne sont pas à la portée”, explique Thouraya. Le dernier tapis en date lui a coûté 650 dinars et c’est un modèle fait pour les murs. Dans ce cas, Mme Drira est aisée financièrement et casque sans se déranger dans les différents endroits où se vend l’artisanat. Ces jours-ci, elle profite du Salon de l’Artisanat. Mais comme Mme Drira, il n’y en a pas beaucoup. La plupart sont des bourses moyennes de salariés. C’est valable pour Fatma Horchani qui fait à chaque fois des économies pour pouvoir acheter un objet de valeur. Parce qu’il faut préciser que pour cinq, dix, quinze, vingt et même trente dinars, chacun peut se payer quelques bougeoirs ou autres objets semblables. Quand il s’agit d’argent véritable ou de tapis de salons, la barre est placée haut. Mme Raja Ayadi, de l’Office national de l’Artisanat, rappelle “qu’il faut prendre en considération les charges de la main-d’œuvre et le fait que ces produits soient manuels”. Fait confirmé par Fatma Samet Chaâri qui fait de la teinture naturelle de soie. “Mes produits sont entre 35 et 75 dinars car le naturel coûte cher”. Quant à M. Hermassi, artisan aussi, il ne semble pas partager cette idée de prix. D’après lui “la marge de bénéfice en artisanat n’est pas importante”. En dehors des Salons qui permettent de procéder à des réductions ou alors des échéances de soldes, l’artisanat est en général hors de portée de tous. Pour les habits traditionnels réalisés à partir de tissus nobles ou pour les objets de décoration, la qualité se vend très, très cher. On dirait peut-être que c’est de la qualité et il faut la payer! Dans ce cas, l’artisanat doit-être considéré officiellement comme étant un produit de luxe, au bonheur des poches pleines...!! M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com