Elargissement de l’Union Européenne/ Près de 455 millions de clients pour la Tunisie





Lors d’une rencontre informelle, hier, avec “Le Quotidien”, M. Marc Pierini, ambassadeur, chef de la Délégation de la Commission européenne en Tunisie, nous a confié quelles opportunités et quels défis émergeraient de l’extraordinaire élargissement de l’UE en mai prochain à 25 membres pour tous les pays de la Méditerranée, à commencer par la Tunisie. Tunis - Le Quotidien La satisfaction de l’ambassadeur était visible car, pour lui, l’élargissement de l’Union Européenne, d’un seul coup, à dix nouveaux pays représentait rien de moins qu’un haut fait civilisationnel. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire de l’humanité, on ne trouve d’ailleurs aucun exemple similaire. “Imaginez qu’il y a quelques années, le fait était absolument inconcevable alors que, dans certains de ces pays, il y avait des chars en pleine rue”, nous rappela M. Pierini. Il est vrai que cela se passait dans les années 90, au moment où le monde était encore bipolaire. La fin de l’équilibre des forces qui en résultait n’a pas été néfaste à tout le monde et le premier bloc à en bénéficier était, et est encore, l’Union Européenne. L’élargissement, qui se faisait généralement en petit nombre, battra donc tous les records en début de mai prochain. Une dizaine de pays y fera ainsi son entrée, donnant une impulsion exceptionnelle au marché unique européen qui passera de 380 à près de 455 millions, en attendant qu’il caracole sur les 500 millions lors de l’adhésion ultérieure de la Bulgarie et de la Roumanie. Pour l’heure, les “Dix” de mai 2004 seront Chypre, la République Tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie. Mais si ces pays sont connus pour être profondément ancrés dans la tradition européenne, ils n’en restent pas moins radicalement différents l’un de l’autre. Côté population, par exemple, la Pologne, avec ses 39 millions, est dix fois plus peuplée que Malte. Avec 15 mille euros de PIB par tête d’habitant, Chypre offre quatre fois plus de revenu que la Lettonie. Le chômage, en Slovaquie à près de 19%, n’est que de 6% en Slovénie. Pour la Tunisie, ces disparités sont porteuses d’un message : les nouveaux venus ont des différences de développement qui peuvent être ciblées par toutes sortes de produits. Si l’un a besoin de chaussures, l’autre a besoin de logiciels verticaux, un autre encore demandera des dérivés de phosphate, un quatrième cherchera une destination où passer des vacances... Selon M. Pierini, le nombre des opportunités est incalculable. “Maintenant, la Tunisie aura comme partenaire une Europe de 455 millions de consommateurs potentiels. Des opportunités extraordinaires peuvent être relevées dans tous les domaines”, souligne-t-il. L’ambassadeur estime également que les entreprises tunisiennes seraient devant une évolution de leur chiffre d’affaires si elles parviennent à tirer parti de la consolidation de l’U.E. De fait, il est clair que nos patrons doivent faire un effort particulier pour collecter toutes les informations nécessaires sur ces dix pays si elles veulent y imposer le made in Tunisia. C’est seulement de cette manière qu’elles pourront identifier les niveaux réels de compétitivité qu’il faut déployer dans chacun des Dix. Sinon, on ne donne pas cher de nos produits. Dans le sens général, M. Pierini tient particulièrement à souligner que l’U.E. à 25 restera un partenaire de premier ordre pour la Tunisie qu’elle continuera à soutenir de toutes les manières possibles. Il rappelle, par exemple, que le programme MEDA se poursuivra sans doute pour continuer les succès remportés jusqu’à aujourd’hui avec près de 900 millions de dollars déployés pour la cause méditerranéenne. Manoubi AKROUT


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com