Convertibilité du dinar : Les verrous, bientôt abolis





La convertibilité de la monnaie est la voie indiquée pour l’intégration complète du système économique dans le marché international. Où en est le dinar tunisien et que reste-t-il pour compléter sa convertibilité ?
La Tunisie s’apprête à mettre au point un programme exécutif pour la convertibilité totale du dinar en deux étapes, la première couvrant la période 2010-2012 et consistant à parachever la convertibilité courante et la libéralisation de certaines opérations de capital; la deuxième, s’étendant sur la période 2013-2014 devant concerner la libéralisation des opérations de capital restantes, avec la mise en place de règles pour certaines opérations, notamment celles en rapport avec les capitaux à court terme, et la refonte radicale du Code de change de manière à l’adapter à la convertibilité totale du dinar.
Cette décision est le couronnement d’une politique entamée depuis 1993 consistant à opter pour la convertibilité courante, selon les définitions du Fonds monétaire international (FMI). Laquelle formule consiste à libéraliser les opérations qui ne touchent pas aux mouvements des capitaux mais qui permettent d’effectuer les paiements (import-export, assistance technique, représentations commerciales, etc.). Les particuliers bénéficient, quant à eux, d’une allocation de 6000 dinars par an et par personne pour effectuer leurs dépenses personnelles à l’étranger. Toutes les parties sont, jusque-là, servies à la carte et la Tunisie mesure ses pas avant de passer à la convertibilité totale.
Politique monétaire prudente
Selon les observateurs du marché financier, les décideurs en Tunisie savent pertinemment que la convertibilité totale du dinar risquerait, si entamée de manière brusque, de l’exposer à des attaques pouvant déboucher sur des tensions économiques (et sociales). D’où ce choix de libéralisation progressive accompagnée de mesures ayant facilité l’intégration de notre économie dans le marché international. Ainsi, les programmes instruits en Tunisie ont permis, au bout de plus de 15 ans, de constituer un matelas important de réserves en devises (une moyenne de six mois d’importations), d’entamer la mise à niveau du système bancaire et financier, d’encourager la rentrée massive des investissements directs étrangers, de réduire le taux des créances douteuses dans le système bancaire, d’améliorer la productivité des salariés tunisiens et de mettre à niveau leur savoir-faire, etc. Toutes ces mesures aident le marché tunisien à devenir une place financière attractive et permettent de soutenir la croissance et d’intégrer pleinement l’économie du marché.
Aujourd’hui, les experts considèrent que ces mesures sont en train de donner leurs fruits. Il suffit de constater la quasi-absence du marché parallèle de devises. L’Euro s’échange à deux dinars, soit à sa valeur dans les banques, si jamais quelqu’un est contraint à un service à partir de l’étranger, impossible sans la convertibilité complète du dinar, comme l’achat on line. L’inflation et le déficit budgétaire sont également maîtrisés dans des taux acceptables, ce qui encourage à avancer davantage dans le processus de libéralisation totale du dinar.


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com