Le panier de la ménagère : Les dessous d’une flambée





Les prix des produits de grande consommation volent au dessus des moyens du Tunisien qui n’arrive plus à bien remplir
son panier. Entre l’offre et la demande, s’incrustent des intermédiaires, bien à l’aise ! Et autres facteurs…
Pommes de terre, poivrons (ou piments), petits-pois, haricots verts, laitues, tomates et autres produits de base… ne sont plus à la portée du citoyen moyen. La flambée des prix des légumes et des fruits est devenue incontrôlable et le pouvoir d’achat est de plus en plus érodé. Le Tunisien qui vient de quitter la haute saison (et la rentrée scolaire) déplumé, n’arrive plus à suivre la montée vertigineuse des produits de première nécessité. Une autre inquiétude s’ajoute au malaise du Tunisien qui se prépare à fêter l’Aïd el Kébir avec son mouton et son cortège de frais. «Je n’en peux plus ! Comment vais-je vraiment m’en sortir ? C’est invraisemblable. Le mouton coûte déjà la bagatelle de 400, 500 voire 600 dinars et plus. Avec la viande, il faut prévoir des légumes. La fluctuation des prix nous dépasse. Surtout que ces légumes sont de chez nous. Suite à la dernière crise des pommes de terre, les responsables nous ont rassurés. Le vrai réside dans les caisses du marché et nos portefeuilles», raconte Yosra, jeune enseignante. Qui ajoute que depuis un moment, elle ne sait plus où donner de la tête. Entre loyer, frais de scolarité de ses deux enfants et ceux du marché, son salaire (même ajouté à celui de son mari) est jugé insuffisant.
Y a t il pénurie ?
Il y a seulement quelques semaines, les pommes de terre ont posé problème. Dans la cité, on a parlé même de pénurie. A cette «rumeur», les responsables ont bondi.
Sur l’écoulement et la gestion des produits de première nécessité, ces derniers viennent de se réunir pour dire qu’il y a maîtrise du marché. Ils ont parlé même de gestion des excédents de production et des stocks, et ont même avancé des chiffres rassurants. «Sur les patates, il y a des quantités stockées (26.800 tonnes) dans des unités frigorifiques et 6500 autres tonnes stockées par les agriculteurs. Ceci couvrira amplement les besoins du consommateur au cours de la première moitié de novembre…», selon une source officielle.
Cette même source a rendu public, en août dernier, que plus de 10.000 hectares ont été emblavés et que la récolte devra se poursuivre sur plusieurs mois. C’est-à-dire bonne et la récolte est abondante et pas de pénurie dans l’air.
Sur terrain, la réalité est autre : les patates, comme les autres produits de la terre, coûtent de plus en plus cher. Pour mieux comprendre le phénomène, «Le Quotidien» a essayé de parler avec les concernés.
Hélas ! Les gens du «métier» ont été aux abonnés absents. Impossible d’avoir auprès d’un responsable une explication claire et nette sur cette confusion à dissiper. D’après l’Organisation pour la défense du consommateur (ODC), la question est étroitement liée à l’offre et à la demande. «Un bon consommateur, c’est lui qui refuse d’acheter un produit jugé trop cher. Ainsi, il fera baisser le prix». Or, la question touche aux produits de nécessité et c’est là où le bat blesse. Comment se passer des fruits et légumes ? Ne sont-ils pas indispensables et conseillés par les médecins et nutritionnistes du monde qui, pour une meilleure santé, appellent à la consommation de cinq fruits et légumes par jour ! Au moins.


Z. ABID KEFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com