Agressivité des enfants à l’école : Un comportement qui cache un profond malaise





La violence à l’école est une question récurrente.chaque année scolaire, l’agressivité chez certains élèves  est remise sur la table. Un problème qui mérite une profonde réflexion…
Lors de la récréation, les élèves se lancent dans une dangereuse mésaventure. Nombre d’enfants, spécialement les garçons, s’adonnent à des bagarres et des coups. Plusieurs élèves rentrent chez eux avec des bleus, des fractures, des blessures… L’auteur ? C’est un camarade du même âge ! Tel un tourbillon, il dévaste tous ceux qui sont sur son passage. Partout où il va avec ses parents, il sème la pagaille… Il arrache les cheveux de ses cousines, donne des coups de pied au petit des voisins, pince son petit frère, mord sa voisine de classe... Le petit aura droit à des remontrances de la maîtresse et à des regards obscurs de la part des camarades et de la famille. En un mot, on se demande tout bas si l’on n’a pas mis au monde un vrai «petit monstre». Pourquoi de tels comportements violents et agressifs ?
Mme Nasri, psychologue explique au Quotidien : «On a aussitôt tendance à accuser un enfant qui s’est bagarré avec l’un de ses camarades. La position du coupable lui colle sur le dos. Pourtant, l’agressivité chez un enfant manifeste très souvent un profond malaise qu’il ne parvient à exprimer autrement que par la violence.
En effet, l’agressivité des enfants à l’école manifeste un mal-être qu’il ne s’autorise pas à exprimer à la maison. Le petit dans l’incapacité d’extérioriser un sentiment négatif qui le ronge chez lui, se met à battre ses pairs. Cela dit, dans la majorité des cas, lorsqu’un enfant bat ses camarades, est très turbulent en classe, il est souvent lui-même victime d’agressivité à la maison. Et comme il ne peut pas riposter si ses parents agissent avec agressivité, il n’a pas d’autres moyens que d’encaisser cette envie de riposter jusqu’à ce qu’il se rend à l’école.
Toutefois, tous les enfants violents, ne sont pas systématiquement victimes de violence. Parfois, il s’agit aussi d’un autre événement qui lui cause un mal-être.
De fait, à la naissance d’un deuxième bébé, l’enfant a l’impression que plus personne ne s’intéresse à lui, il est possible que l’agressivité à la maison ne le touche pas directement, mais qu’il ait assisté à plusieurs scènes de ménage, qu’il voit ses parents se disputer souvent… Plusieurs choses peuvent donner cette sensation de malaise et il n’ose pas poser de questions de peur de peiner ses parents ou encore de peur d’être puni. Il ne se permet pas donc d’exprimer sa peine, sa colère… Résultat : il s’en prend hélas à ses copains de classe… et ce sont les plus faibles, notamment les filles, qui en payent le prix malheureusement!
Ce que l’on doit savoir maintenant c’est comment éviter que les maux d’un enfant ne se transforment en coups de poing à la récréation ! A vrai dire, on ne cesse jamais de le dire : rien ne vaut la communication et le dialogue. C’est aux parents de rassurer l’enfant et de l’aider à évacuer son trop-plein d’émotions. Père et mère, doivent tous les deux réviser leur comportement en couple, leur actes à la maison, ils doivent cesser catégoriquement de faire usage de la force à la maison que ce soit dans leur relation de couple ou vis-à-vis de leur enfant. Un enfant reflète toujours l’image de ce qu’il vit chez lui, donc si les parents ressentent de l’agressivité chez leur fils ou leur fille, ils doivent absolument revoir en s’ils en sont à l’origine. Ensuite, il est essentiel d’évoquer ces événements douloureux et trouver une solution en rassurant l’enfant.
En outre, si un enfant se retrouve souvent mêlé à des bagarres, il se peut aussi qu’il soit impulsif, et n’ait pas encore acquis les règles de la vie en société. Cela arrive souvent chez les garçons, qui pensent manifester ainsi leur virilité. Je tiens à préciser que parfois, un enfant ne sait attirer l’attention des autres qu’en agissant violemment, alors qu’il est très probable qu’il éprouve des sentiments positifs envers les camarades qu’il maltraite. Ici aussi, les parents doivent intervenir pour lui expliquer que l’amour ne se traduit pas par des gestes violents !
On doit aussi lui rappeler la loi qu’il ne doit pas frapper pour s’imposer ou pour résoudre un conflit. On lui fait comprendre que le fait de respecter autrui est une règle sur laquelle les parents sont intransigeants».


 Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com