Allons-nous vers une opposition unifiée ?





Alors que le Président Ben Ali vient d’annoncer la création d’un séminaire périodique des partis d’opposition sous une présidence tournante, une nouvelle donne de la vie politique semble s’annoncer en Tunisie.
C’est, sans conteste, une nouvelle donne politique que vient d’initier la décision du Président Ben Ali de créer, pour la première fois de l’histoire de la Tunisie, un séminaire périodique des partis représentés à la Chambre des députés et devant se tenir une fois tous les six mois avec une composition au prorata de la représentation de chaque parti à la Chambre et sous une présidence tournante des secrétaires généraux de ces partis !
En prenant cette décision, le Chef de l’Etat offre de nouvelles perspectives au pluralisme dans notre pays, car cela pourrait générer, à terme, un bloc politique capable de donner le change au parti de la majorité
Besoin de concertation
Nous avons posé la question à M. Ismaïl Boulahia, SG du MDS et sa réponse se veut foncièrement optimiste: «Après le Changement, on a créé le Pacte national d’où émanait un Conseil réunissant tous les partis politiques pour leur offrir l’opportunité de discuter d’égal à égal. Mais, depuis les années 90 le Conseil ne se réunit plus alors que se faisait de plus en plus ressentir le besoin de concertation entre les responsables des partis politiques pour discuter des questions d’actualité et de l’avenir de la Tunisie ; sujets que l’on n’abordait pas dans d’autres instances.
Cependant, il faut rappeler que l’esprit de cette initiative a été formulé dans le programme d’avenir du Chef de l’Etat qui souhaite voir un parti fort de la majorité côte-à-côte avec des partis forts de l’opposition. C’est pour cela que nous avons appelé dans notre dernière campagne électorale à l’émergence d’une majorité présidentielle pour élargir la base du pouvoir et où le parti de la majorité serait la colonne vertébrale au sein d’un nouveau Pacte social.
Il y a une majorité incontestable autour du Président Ben Ali, il a toujours voulu réunir tout le monde autour des questions nationales; c’est l’esprit du 7 Novembre comme il le dit: «Nos mains sont tendues et nos coeurs sont ouverts» et tous les Tunisiens sont avec lui. Le but de cette nouvelle structure annoncée par le Chef de l’Etat est que tout le monde puisse aborder les questions que l’on ne puisse pas aborder ailleurs : les relations internationales, les jeunes, le développement économique...»
Une réponse positive
Pour M. Monji Khammassi, SG du PVP: «La création d’un séminaire semestriel des partis représentés à la Chambre des députés, avec une présidence tournante, est en soi une réponse fort positive à l’une des revendications les plus sollicitées par plusieurs forces politiques en Tunisie, notamment notre parti écologique. Cette rencontre périodique fournira une grande opportunité de concertation et de dialogue concernant tous les sujets qui s’imposent sur la scène nationale et politique et représentera un espace nouveau pour enraciner et consolider les piliers de la démocratie et du pluralisme en Tunisie et développer la pratique du multipartisme et du consensus politique.
Le Parti des Verts pour le Progrès considère qu’une pareille structure pluraliste permettra à l’opposition parlementaire d’accéder de manière palpable au statut de partenaire efficace au niveau du paysage politique et de contribuer au développement et à l’essor de la nation à travers des programmes, des propositions et des initiatives édifiants. Le Chef de l’Etat a prouvé par l’adoption de cette proposition, sa profonde conviction que la démocratie est un projet collégial dans lequel l’opposition peut et doit jouer un rôle prépondérant pour devenir réellement et concrètement un acteur principal dans le processus de développement et pour coopérer avec le gouvernement dans l’élaboration des programmes à venir et dans la prise des décisions. La pratique démocratique ne peut, désormais, se limiter au labeur et à l’ouvrage d’un parti unique quelle que soit sa force, sa légitimité et sa puissance. L’ensemble des forces vives du pays et surtout les partis d’opposition sont dans le devoir de contribuer à l’édification d’un meilleur lendemain pour la Tunisie».
Processus consensuel
«Le Parti des Verts pour le Progrès exprime son souhait que le séminaire qui va regrouper les partis parlementaires, partis opposants à côté du parti au pouvoir, va fournir un nouveau souffle à l’expérience pluraliste et démocratique que vit la Tunisie depuis 1987. Car l’opposition tunisienne est devenue plus que mûre et habilitée à influer dans la prise de décision et à faire en sorte de contribuer intelligemment dans le développement de la vie politique tunisienne, et ce, grâce notamment à ce processus consensuel adopté par Ben Ali dans un élan démocratique participatif qui vise à regrouper et réunir les partis parlementaires au sein d’une sphère. Cette dernière d’être à l’origine de la naissance d’une dynamique politique qui sera en harmonie avec les revendications et les aspirations de l’élite et de l’ensemble du peuple tunisien à part égale.
La démocratie, dans n’importe quelle société exige l’édification de fondements consensuels et intelligents entre les différentes composantes de la société civile et surtout les partis politiques pour travailler ensemble, main dans la main, à réaliser les ambitions de nos contemporains et des générations futures.
La Tunisie de 2010 vit une nouvelle étape de transition démocratique qui se voit enrichie par la diversité intellectuelle et idéologique née et soutenue grâce à la volonté de notre président.
Tous les cadres et militants du PVP sont reconnaissants envers le président de tous les Tunisiens, sans distinction d’appartenance ou de couleur politique, car il a été à leur écoute et a traduit par des actes et des faits leurs propositions et revendications, d’autant que le séminaire contribuera à réunir les rangs des partis politiques tunisiens dans un élan consensuel».

Manoubi AKROUT


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com