Gestion des déchets industriels : 70 % des zones industrielles manquent de maintenance





Parallèlement à la croissance industrielle que connaît la Tunisie, plusieurs problèmes environnementaux ont fait surface. Pour les résoudre, un projet de coopération tuniso-allemande a été présenté hier à Tunis.
Financé par l’Allemagne à travers son ministère fédéral de la Coopération économique et du développement (BMZ), en collaboration avec notre ministère de l’Industrie, de l’énergie et des petites et moyennes entreprises, le projet consiste à apporter aux acteurs nationaux intervenant dans le domaine de la gestion des zones industrielles, l’assistance technique et logistique appropriée afin de résoudre les problèmes environnementaux liés à l’activité industrielle. Il s’agit de renforcer les capacités de la gestion durable des zones industrielles et ce, durant une période qui s’étale jusqu’au mois de juillet 2011, à travers l’expertise de l’Agence de la coopération allemande (GTZ).
Au même sujet, il convient de rappeler qu’une loi datant du 31 janvier 1994, prévoit la création volontaire des Groupement de Maintenance et de Gestion (GMG) dans toutes les zones industrielles. Ces structures sont des associations à but non lucratif qui regroupent tous les occupants des zones industrielles (exploitants, propriétaires de bâtiments). La même législation stipule d’autre part que l’adhésion des entreprises aux GMG est obligatoire. Chose qui n’est pas évidente. Les diagnostics faits dans ce sens, ont permis de constater en fait que la maintenance est inexistante dans 70% des zones industrielles dont le nombre atteint aujourd’hui 121 réparties dans tout le pays (82 aménagées par l’Agence Foncière Industrielle (AFI) et 39 réalisées et équipées par les conseils des régions et les municipalités.
Selon la GTZ, le projet de renforcement des capacités de la gestion durable des zones industrielles (ReCapZi) contribuera à l’augmentation du nombre d’entreprises engagées dans les activités des GMG fonctionnels, et à améliorer le nombre de GMG dans les zones industrielles. Volet encadrement et formation, le projet propose l’élaboration d’une stratégie de création et de mise en fonctionnement des GMG et l’organisation des tables rondes et de rencontres périodiques afin d’examiner les problématiques et proposer les solutions adéquates.
Les lacunes qui ont pu être constatées par le biais de ce projet, n’empêchent pas que la Tunisie ait mis en œuvre plusieurs programmes de développement durable destiné à appuyer les opérateurs économiques à mieux maîtriser l’impact écologique de leur activité. Le ministère de l’Environnement et du développement durable intervient dans ce sens à travers les solutions mises à la disposition des industriels pour gérer leurs déchets. L’Agence nationale de la gestion des déchets (Anged) pilote en effet tout un programme de gestion de déchets industriels et spéciaux.
M. Yassine Bou Selmi, de la direction de la gestion des déchets spéciaux au sein de l’Anged, a fait remarquer à ce propos qu’actuellement, mis à part quelques opérateurs disposant d’un système de traitement ou de stockage de déchets, la majorité des industriels abandonnent leurs déchets dans des dépotoirs sauvages ou en pleine nature, contribuant à la dégradation du milieu naturel. Il estime également que les industriels rencontrent des difficultés au niveau du traitement des déchets, eu égard aux investissements nécessaires pour la réalisation d’installations de traitement au sein des entreprises.
Des études de diagnostic élaborées par les ministères compétents ont fait ressortir par ailleurs que la quantité de déchets dangereux générée par les activités industrielles est de l’ordre de 150 mille tonnes par an, parmi lesquels 60 mille tonnes sont mis en décharge sans aucun traitement.


H.G.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com