Patrimoine : In memory : La demeure sauvée de l’oubli





Les neveux du réformateur tunisien Ahmed Ibn Abi Dhiaf ont choisi d’offrir la demeure de leur ancêtre au ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine. Leur espoir est de voir cette ancienne résidence être transformée en espace culturel.
Pour bien célébrer le 135e anniversaire du décès du pionnier des réformateurs tunisiens Ahmed Ibn Abi Dhiaf (1804-1874) et perpétuer sa mémoire, ses arrière-petits-fils n’ont pas trouvé mieux que de dédier son ancienne demeure au ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine. Acte noble, geste témoignant de l’attachement de la nouvelle génération des descendants de ce réformateur, historien et poète tunisien, de contribuer à la dynamisation de la scène culturelle tunisienne.
L’accord de ce don a été ratifié, le 3 novembre, entre la déléguée de la famille d’Ibn Abi Dhiaf, Mme Faïza Ben Dhiaf, et les représentants du ministère du Domaine de l’Etat et des affaires foncières et du ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine. « C’est depuis quelques temps que nous avons parlé et discuté ensemble, tous les héritiers, sur les procédés capables de sauver cette belle demeure de l’oubli et de sa réintégration dans la carte des espaces culturels. Nous avons essayé de nombreuses pistes pour décider d’offrir la demeure au ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine qui, depuis quelque temps, a lancé une stratégie visant à consolider l’infrastructure culturelle», nous a expliqué la déléguée de la famille sur un ton enthousiaste, souhaitant voir cette ancienne demeure, témoin du parcours hors pair de son ancêtre, se convertir en un espace culturel, à l’instar du Centre culturel de Bir Lahjar et du Club culturel Tahar Haddad.
Un homme et des ouvrages !
Ayant une double valeur, la maison d’Ibn Abi Dhiaf mérite le détour. Primo, pour sa valeur historique puisque dans cette maison où l’historien a vécu et a signé ses ouvrages, notamment sa principale œuvre « Présent des hommes de notre temps. Chroniques des rois de Tunis et du pacte fondamental ». C’est à Mme Faïza Ben Dhiaf d’intervenir pour préciser que durant des années, lors de la rédaction de ce livre-référence et avant-gardiste, l’arrière-grand- père de son grand-père (précision oblige) personne ne sait pourquoi il montait chaque soir dans une chambre spéciale aménagée sur le toit où il passait des heures. « C’est juste après sa mort, qu’ils ont découvert qu’il avait un collier portant une petite clé, c’était celle de cette chambre où ils ont trouvé l’ouvrage», a-t-elle noté, lors de cette rencontre exclusive avec «Le Quotidien». L’espace a une valeur historique ajoutée parce qu’il a comporté dans l’un de ses coins le bureau spécial de feu Habib Bourguiba. Secundo, pour sa valeur architecturale, puisque la demeure est restée presqu’intacte, préservant son cachet d’antan.
Alors pour que tout soit fait avec soin, la famille du réformateur et les amis d’Ibn Abi Dhiaf ont conjugué leurs efforts. Un nouveau portrait a été fait par l’artiste Habib Bouhaouala, suite à de minutieuses recherches entamées en Tunisie comme en France pour lui faire une photo lisible, permettant à la nouvelle génération de bien saisir ses traits. «Nous sommes à l’ère de l’image et nous espérons que l’ancienne image sera remplacée par la nouvelle», a expliqué M. Abderrahman Tarhouni, du collectif des amis d’Ibn Abi Dhiaf. Un portail présentant le réformateur et ses œuvres, aussi bien que les symboles du mouvement réformateur en Tunisie sera bientôt opérationnel. Il est à signaler également qu’un nouvel arbre généalogique comportant toutes les branches de la famille et l’ascendance vienne d’être établi. Devoir de mémoire oblige.

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com