Les traditions dans la vie de l’enfant : Absolument importantes





L’Aïd a été célébré aussi par les petits. Toutefois, pour certains la vue d’un mouton égorgé, du sang et de tout ce qui a trait au sacrifice causerait une sorte de traumatisme. Que faire ?
Tous les enfants sont de la partie lors des Aïds. Ces fêtes constituent des moments très importants dans leur vie. Elles les aident à s’enraciner, à avoir des repères fixes, à perpétuer une histoire; elles ritualisent des événements forts de la vie de façon imagée.
Toutefois, si les fêtes de l’Aïd-el-fitr, du Mouled sont des moments agréables à vivre, celui de l’Aïd-el-kébir ne passe pas sans «bobo». À la vue du sang lors du sacrifice, certains petits en sont négativement marqués… Mme Nasri psychologue, explique au «Quotidien» l’importance de ce moment et les erreurs à ne pas commettre.
«Les traditions tiennent leur valeur de leur rareté. Les événements ponctuels des fêtes permettent d’abord aux enfants de mieux saisir la notion du temps. Les fêtes traditionnelles et les Aïds rythment notre temps. Du coup, un enfant saura donner une valeur concrète au temps tant qu’il y a des traditions qui y sont liées. De plus, en alternant entre l’attente et la privation (comme le fait de jeûner durant ramadan, de s’abstenir de manger de la viande avant l’Aïd-el-kébir…) et la satisfaction au bout de cette attente, qui donne de la valeur aux fêtes.
En outre, en impliquant les enfants, ils arrivent à mieux comprendre ce que vivent les adultes et essentiellement leurs parents. Cela dit, dès que l’on met un enfant au monde on doit le préparer à une vie sociale régie par des lois et par des rites. Sauf que ces rites ne peuvent avoir de vraies valeurs pour l’enfant que s’ils sont partagés par les adultes. Le cas échéant, ces événements se vident de leur sens et ne sont plus un objet de rêve ! Parce que l’enfant, nous le constatons tous, sont ceux qui sont le plus excités par l’arrivée des temps de fête parce que ces occasions leur permettent de rêver !
En ce qui concerne Aïd-el-adha, il est justement indiqué d’impliquer l’enfant aux rituels de la fête. Le fait de limiter l’événement au simple fait de garnir le mouton de bandes en satin ou de se régaler d’un barbecue le jour « j », n’aurait pas d’effet spécifique sur les petits et l’occasion perd de sa valeur identitaire ! L’Aïd doit bien s’inscrire dans le partage de moments forts, qui se vivent aussi bien lors des repas festifs en famille que dans les préparatifs… D’où il est important que les enfants comprennent ce qui se passe. Les petits y retrouvent certes les craintes véhiculées par les adultes et liées au rituel du sacrifice et de l’offrande, mais cela fait partie de nos traditions et de nos croyances par l’histoire même de cet enfant et de ses racines, même si l’ambiance peut être par moments un peu « macabre » ! Toutefois le tout est de faire comprendre à l’enfant les raisons d’un tel rituel religieux.
Un enfant né à l’état brut. Pour acquérir une identité et devenir un être sociable, il doit connaître ses origines, sa religion, l’histoire de ses ancêtres… Mais on doit le faire de manière douce pour que l’information passe de manière fluide. De notre culture arabo-musulmane émane cet ensemble de traditions qui font partie de l’identité de nos enfants. Il n’est certes pas indiqué de laisser les petits assister à la désolante scène du sacrifice avant qu’il n’ait acquis l’âge de la compréhension. Vers 4 ans ou 5 ans, lorsqu’il connaît déjà son histoire et ses racines, on peut lui parler des raisons du sacrifice et de notre prophète Ibrahim qui a été le premier à faire le sacrifice. L’on doit avoir assez de background pour lui véhiculer des informations justes. On peut par exemple lui expliquer les faits à travers la lecture d’un livre sur le prophète Ibrahim.
Ceci dit, si l’enfant est hypersensible, si l’on sait qu’il panique à la vue du sang, il est préférable de ne pas le mettre aux devant de la scène. Et s’il a accidentellement assisté au sacrifice ou s’il nous pose des questions, on doit absolument le rassurer et lui faire comprendre les raisons de cette tradition.
L’on doit comprendre aussi que le stress lié à cet événement est tout à fait naturel. Il s’agit d’une nouveauté pour l’enfant, exactement comme la première fois où il a du marcher, lire, écrire ou faire du vélo… Au début, toute découverte est considérée comme potentiellement stressante. Mais une fois l’expérience vécue, la pratique puis la maîtrise finiront par rendre ces objets de stress inoffensifs. Et c’est la manière dont les parents accompagnent ces découvertes qui influence la réaction de l’enfant.
Donc pour récapituler, si l’enfant est bien conscient de ses origines et de son histoire, l’événement du sacrifice n’aura pas d’effets négatifs sur lui sauf si on le force à assister à la scène ou que les choses se passent sans qu’on ait pris la peine de le préparer et de lui expliquer».


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com