Rejeb Essayeh analyse Botswana-Tunisie : «Des choix à revoir»





Véritable claque reçue par les Aigles de Carthage, battus au Botswana par un adversaire de second plan sur le plan continental.
Quelles sont les véritables raisons d’une telle débâcle et quel avenir attend l’équipe nationale et par ricochet le football tunisien ? Pour en savoir plus nous avons eu recours à notre consultant Rejeb Essayeh, lui même ancien entraîneur de l’équipe nationale cadets. Analyse: «Curieusement, cette rencontre entre le Botswana et la Tunisie ressemble en grande partie à celle ayant opposé l’Espérance au TP Mazembé a Lubumbashi. C’est-à-dire qu’elle s’est déroulée à sens unique en faveur de l’adversaire et cela s’explique par les facteurs suivants: Hormis les dix premières minutes au cours desquelles la Tunisie a fait illusion, on n’a pas réussi à mettre l’adversaire en danger surtout que notre option stratégique était loin de nous permettre d’inquiéter l’adversaire.
En effet, notre staff technique a aligné deux pivots, deux demis de couloir, un régisseur et un seul attaquant de pointe avec bien sûr quatre défenseurs, du coup, on ne pouvait inquiéter l’arrière-garde adverse alors que pour une telle rencontre où l’enjeu n’est autre que la première place, qui plus est on avait une revanche sportive à prendre face à un adversaire qui nous a battu chez nous; donc on aurait dû prendre des risques mesurés et jouer son va-tout pour lui ravir la première place. D’autre part, force est de reconnaître que l’instabilité du groupe a influé négativement sur le rendement. A titre d’exemple je vais me référer à l’incorporation de Jmel au poste de latéral gauche, lui le défenseur axial par vocation et formation et qui n’était d’aucune utilité sur le flanc, sans oublier la mésentente entre les axiaux Souissi et le revenant Saïdi en plus des «gaffes» techniques relatives au timing et au contrôle de la balle, soit les ABC du football. Tout cela a fait que nous avons été dominés par l’adversaire».
Le jeu des Tunisiens
«Le premier constat inhérent au jeu des Tunisiens se rapporte à l’absence totale de la complémentarité donc de l’entente entre les joueurs, cette lacune s’explique par l’instabilité du groupe où on trouve des revenants comme le gardien Mathlouthi et défenseur Saïdi et des attaquants Mouihbi et Akaïchi. La majorité de ces joueurs ne font que retrouver la compétition au sein de leurs clubs et leurs temps de jeu est relativement court. Ils ne peuvent donc apporter le plus escompté.
Pour ce qui a fait la différence et à mon humble avis, et loin de jeter mon dévolu sur le staff technique, je dirai tout simplement qu’il y a lieu de citer la responsabilité des joueurs, et de se poser des questions quant à la valeur du groupe: est-ce que ce groupe est limité ou est-il inapproprié, tout dépens de l’option du staff technique».
Quel avenir pour l’EN?
«C’est un avenir loin d’être radieux et rassurant. A mon sens tout est à revoir et les solutions existent en commençant par les joueurs ou plutôt les «vedettes» qui sont loin d’assumer ce rôle de «vedettes». L’état d’esprit défectueux comme en témoigne le fait de se ruer vers l’arbitre après chaque coup de sifflet comme pour chercher des échappatoires, inutiles du reste.
En conclusion, il y a tant de choses à revoir pour pouvoir redémarrer sur des bases plus solides et pourquoi pas retrouver son lustre».


Mohamed Ali FERCHICHI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com