Rencontre-Débat : Les J.C.C., parlons-en !





Un vaste débat sur les récentes J.C.C., a eu lieu récemment à la maison de la culture Ibn Khaldoun, à Tunis, dans le cadre des «Jeudis de l’ATPCC».
Le débat se voulait un bilan des journées cinématographiques de Carthage. Mais il a vite débordé vers un discours critique sur le côté organisationnel de cette 23e édition. Certes, l’animatrice du débat, Mme Noura Borsali, qui avait rappelé les objectifs des JCC depuis leur création en 1966, avait indirectement soulevé les critiques des présents. Les JCC ont-elles respecté les trois objectifs pour lesquels elles étaient créées ? Ces objectifs étant : la promotion du cinéma arabo-africain, le dialogue entre le Nord et le Sud et la rencontre entre les cinéastes et les cinéphiles. Les autres questions soumises au débat étaient : comment se porte aujourd’hui le cinéma arabe et africain et quel défi est-il appelé à relever ? Est-il vrai que l’espoir du cinéma tunisien viendrait des jeunes cinéastes ?
Pour le producteur et exploitant Habib Belhédi, il y a eu un nombre important de bons films à cette édition, à défaut d’autres festivals, pourtant pourvus de gros moyens financiers. Mais ce qui avait quelque peu nui à cette édition, c’est le fait qu’elle se tienne dans un grand hôtel et non dans un grand espace culturel ; d’où la difficulté d’y accéder pour le public. Le lieu du festival serait-il la Cité de la Culture, à la prochaine édition ? L’universitaire et critique Tahar Chikhaoui a, quant à lui, fait remarquer qu’il avait remarqué une relation public et festival et non pas public et films. Une carence à relever. Le festival ne crée pas, selon lui, un rapport entre le spectateur et le film ; si bien qu’il y a eu généralement de très bons films qui sont passés inaperçus. Le cinéaste et historien Omar Khélifi, après avoir rappelé des détails historiques quant à la création des Journées cinématographiques de Carthage, a fait savoir que les cinéastes tunisiens étaient consultés par le comité d’organisation dans le choix des membres du jury. Cela n’est plus le cas aujourd’hui. Le cinéma tunisien est resté le parent pauvre de ce festival. Le jeune cinéaste Bahri Ben Yahmed, qui avait reçu le Tanit d’argent aux JCC 2008, n’a trouvé aucun réseau pour proposer son second projet de film. Son Tanit ne lui aura servi à rien ! Il regrette qu’il n’y ait pas eu d’encadrement pour les jeunes cinéastes comme lui pour nouer des contacts avec les professionnels étrangers, africains et arabes. Cette institution n’a pas, en fait de repères stables. Ce qui est fort regrettable.
Habib Belhédi, réagissant à ces remarques et à celles d’autres intervenants qui se sont attaquées directement aux JCC dans leur structure actuelle, a rappelé que ces dernières ne sont pas du tout le cinéma tunisien. Il ne faut point les accabler avec tous les problèmes que rencontre actuellement le cinéma. Il faut préserver cet acquis, cette fête biennale du cinéma en Tunisie.


Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com