Crise financière en Irlande: La zone euro à nouveau en question





La crise financière en Irlande renvoie la zone euro lourdement endettée à ses lacunes et aux  difficultés de maintenir la cohésion d’une Union monétaire qui n’est toujours pas politique.
Le Quotidien-Agences
Alors que les années 1980 et 1990 avaient été marquées par les crises de la dette dans les pays émergents d’Amérique latine et d’Asie, c’est l’Europe qui dans un retour de balancier humiliant de la mondialisation, se retrouve aujourd’hui confrontée au problème.
Ce n’est plus au Mexique, en Argentine ou en Indonésie que le FMI doit jouer les pompiers, mais sur le Vieux continent, comme en Irlande où ses experts se trouvent depuis jeudi dernier avec ceux de la Banque centrale européenne et de l’UE.
«Nous sommes confrontés à une crise pour notre survie» et «si la zone euro ne survit pas, l’Union européenne ne survivra pas non plus», n’a pas hésité à lancer cette semaine le président de l’UE Herman Van Rompuy.
Le président de la BCE Jean-Claude Trichet lui a fait écho en exprimant sa «profonde inquiétude» face à la manière dont la zone euro gère ses problèmes économiques et budgétaires, appelant à un «changement conséquent» du mode de gouvernance.
Près de douze ans après sa création, l’Union monétaire doit gérer avec le l’Irlande sa deuxième crise aiguë en six mois.
Après le sauvetage de la Grèce au printemps, il semble à présent acquis que Dublin va devoir accepter dans les jours à venir une aide de plusieurs dizaines de milliards d’euros de ses partenaires de la zone euro, rejoints pour l’occasion par le Royaume-Uni, et du FMI.
La situation est différente de la Grèce. Il s’agit ici de soutenir des banques en crise dans lequel le gouvernement irlandais a déjà injecté 50 milliards d’euros, propulsant son déficit public à un sommet.
Mais l’objectif est plus large. Il faut aussi rassurer les marchés de la zone euro, faire retomber les taux obligataires de la dette «souveraine» et éviter une contagion à d’autres pays comme le Portugal et l’Espagne qui ont des échéances immédiates d’emprunt.
Les gouvernements
européens se veulent rassurants
«La différence avec la Grèce est que nous avons cette fois un mécanisme à disposition», souligne la ministre française de l’Economie Christine Lagarde, en référence au plan de secours créé au printemps de 750 milliards d’euros de prêts au total (Europe et FMI), qui pourrait être mis à contribution pour Dublin.
Sa mise en place, pour trois ans, a imposé une solidarité financière qui n’existait pas entre les pays de l’Union monétaire, malgré des réserves allemandes.
Elle a représenté en ce sens un pas en avant important pour corriger les imperfections d’un projet qui voit 16 pays partager le même destin monétaire mais pas les mêmes politiques budgétaires et fiscales, ni toujours les mêmes fondamentaux économiques.
L’Europe veut aller plus loin à présent en pérennisant ce mécanisme. Le principe est acté, mais ses modalités suscitent la division.
La BCE, avec certaines capitales, est préoccupée par la volonté de l’Allemagne et de la France notamment d’imposer à terme aux banques privées qui prêtent aux Etats une contribution au Fonds de secours, sous forme par exemple d’un rééchelonnement de dette. Un point qui pourrait faire fuir les investisseurs.
Pour tirer les leçons de la Grèce, la zone euro a aussi décidé de renforcer le Pacte de stabilité qui limite les niveaux de déficit public et de dette avec des sanctions intervenant plus en amont et plus tôt. Mais pas de manière automatique.
Là encore, la BCE reste sceptique. Elle juge que cela ne suffira pas à éviter de nouveaux dérapages. Trichet a appelé à réaliser dans ce domaine un véritable «bond en avant».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com