Bébés mongoliens/ Les précautions à prendre





Une analyse médicale qui dégage un diagnostic ne correspondant pas à la réalité peut-elle être considérée comme erreur médicale, surtout si elle implique des développements irréversibles? Tunis - Le Quotidien Cette question est en permanence d’actualité, car d'aucuns risquent un jour ou l’autre de payer les lourdes conséquences d’une analyse médicale erronée. Un couple tunisien vit aujourd’hui un véritable cauchemar, trois ans après avoir eu son deuxième enfant qui s’est avéré trisomique 21, c’est-à-dire mongolien. Les analyses médicales, effectuées pendant la grossesse dans un hôpital de la capitale, ont confirmé que la formule chromosomique est normale. Le couple, rassuré par les analyses médicales, décide de poursuivre à terme la grossesse. Un professeur agrégé de gynécologie, travaillant dans le secteur public et qui a préféré garder l’anonymat, analyse le dossier et préconise les méthodes modernes pour éviter les erreurs de diagnostic. Il explique: “Les femmes qui tombent enceintes à un âge avancé risquent de donner naissance à des enfants atteints de Trisomie 21; dans le cas présent, l’analyse initiale indique que la formule chromosomique est normale selon la technique utilisée. En fait, l’analyse indique la présence de la Trisomie 21 en mosaïque selon la formule (47xy+21/46xy-80%-20%). Cela veut dire que 20% des chromosomes sont normaux tandis que 80% présentent des anomalies. Il est possible, selon les techniques actuelles utilisées que les prélèvements ont été effectués sur les 20% des cellules normales. L’analyse est dans les normes actuelles”. Le professeur affirme que: “Chaque analyse médicale présente sa sensibilité et sa spécificité, précisant que plusieurs filtres sont actuellement disponibles pour détecter cette maladie”. Il est nécessaire de procéder à l’analyse de la “clarté nucale”, c’est-à-dire par le biais d’une échographie obstétricale, on mesure l’épaisseur de la nuque de l’embryon. S’il dépasse les 2 mm, c’est que le risque est réel. Cet examen se fait au premier trimestre”. Un second examen est nécessaire entre la 14e et la 18e semaine et s’appelle l’analyse des marqueurs scéniques dans le sang. Cet examen est disponible dans les structures hospitalières de l’Etat et notamment à l’Institut Pasteur de Tunis. Il y a aussi un logiciel médical qui analyse les risques de la Trisomie 21. Durant le 5e mois de la grossesse, il est nécessaire de faire l’échographie obstétricale morphologique du bébé. “L’avortement, précise le praticien, reste possible dans le cadre de la loi, si la poursuite de la grossesse durant le premier trimestre présente des risques pour la santé de la mère”. La naissance de l’enfant trisomique 21 occasionne au couple mentionné un handicap majeur et finit par modifier son mode de vie. Un enfant présentant cette anomalie nécessite une attention particulière et une mobilisation quotidienne accrue. Le père de l’enfant avait à maintes reprises sollicité l’aide du ministère de la Santé publique pour mieux prendre en charge cet enfant. “Pour rien au monde, je ne me séparerai de mon adorable enfant”, lance le père, qui appelle à la création d’une structure pour la prise en charge des enfants mongoliens. Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com