Contre-plongée : Rétrospective du cinéma tunisien: oui, mais!





La salle «Le Mondial» propose un hommage au cinéma tunisien, depuis le 1er octobre et jusqu’au 31 décembre 2010. Ce «spécial» est organisé à l’occasion de l’Année du Cinéma en Tunisie, en 2010.
Est-ce à dire qu’une telle rétrospective va permettre au public de voir, ou de revoir, un grand nombre de films tunisiens de ces vingt dernières années et parfois plus encore? L’ Année du Cinéma ne peut-elle concerner, chez certains distributeurs et exploitants, que le cinéma tunisien? Sans vouloir évoquer les multiples problèmes que rencontre actuellement le cinéma tunisien à tous les niveaux de la création, de la production, de l’exploitation et de la distribution, il est certain que l’«Année du Cinéma» ne peut, en aucun cas, être synonyme d’un état de fait concernant notre cinéma. Ce n’est là qu’une partie de l’activité cinématographique en Tunisie. Car cette «année» aurait pu être celle d’une concertation entre tous les acteurs du secteur, pour dire et proposer, évoquer et mettre le doigt sur les maux de la vie du septième art sous nos cieux.
L’occasion est propice, mais personne ne semble y avoir pensé. Seules, des manifestations symboliques ont lieu, comme pour marquer cet événement. L’hommage rendu au cinéma tunisien est grandiose de par sa durée et le nombre important de films qu’il renferme. Cela s’arrête là et ne suffit pas. Un bel hommage à notre cinématographie nationale serait accompagné de discussions suivant le film. Ne serait-ce que pour une seule séance parmi celles de la semaine. Le cas échéant, un débat serait le bienvenu, au terme de cet hommage. Les films projetés appartiennent, en effet, à plusieurs époques du cinéma tunisien: celle des années quatre-vingt, quatre-vingt-dix et deux mille. Epoques fécondes, fastes, glorieuses, ou plutôt de vaches maigres ? Les époques changent et l’amour du cinéma restera.
Dans la foulée de l’Année du Cinéma, pourrait-on envisager la révision à la baisse du prix du billet de cinéma? Pour raviver la passion du septième art chez le public et lui permettre de voir plusieurs films pour le prix d’un ou de deux films. Nos distributeurs et nos exploitants de salles, ont-ils songé à organiser des cycles de projections dédiées aux grands noms de l’histoire du cinéma, depuis l’ancienne époque, jusqu’à nos jours? Autant de questions qui nous passent par la tête. L’absence d’une cinémathèque, qui, nous l’espérons, verra le jour avec l’inauguration de la Cité de la Culture (après achèvement des travaux), a approfondi le désintéressement du public pour le cinéma. C’est toute une culture cinéphillique que nous nous devons de récupérer, en plus du travail qu’essaye de réaliser la FTCC, qui n’est plus ce qu’elle était. Le rêve est permis, d’autant plus que l’engouement pour le cinéma ne cesse de croître chez les jeunes spectateurs et les nouveaux diplômés des écoles de cinéma étatiques et privées. L’événementiel les rapproche du cinéma à l’occasion d’avant-premières, de cycles ou de semaines de films étrangers en Tunisie. Les prochaines Journées du cinéma européen seront, comme à l’accoutumée, une occasion renouvelée de voir des productions récentes de films européens, certes, mais aussi de films tunisiens coproduits avec des pays européens.

Lotfi BEN KHELIFA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com