Le derby C.A.-E.S.T., vu autrement : L’entêtement de Benzarti aurait pu lui coûter cher !





Le derby de la Capitale a tenu ses promesses, mais il a laissé un sentiment d’amertume chez les Clubistes alors que les Sang et Or s’en tirent sans dégâts.
Les Rouge et Blanc sont, depuis quelque temps, sur une courbe ascendante et ils l’ont confirmé avant-hier en livrant un volume impressionnant de jeu, surtout en seconde mi-temps. Finalement, ils n’ont pu ramasser plus d’un point après avoir cru que le dur a été fait. L’Espérance, toujours aussi accrocheuse, malgré la période délicate qu’elle traverse, a su renverser la vapeur alors que tout semblait perdu à deux minutes de la fin.
Tactiquement, on a pu constater que la prudence était de mise. Pour preuve, aucun des quatre défenseurs latéraux n’a été très présent dans la manœuvre offensive des deux équipes. Il est vrai que Hmem d’un côté, et Bachtobji de l’autre n’étaient pas très à l’aise dans un couloir droit qui ne leur est pas familier, mais même Akremi et Chammam, d’habitude plus actifs sur leur côté gauche, ont dû respecter des consignes tactiques pour ne pas s’aventurer devant. Akremi l’a confirmé après le match: «Dans un derby, on pense à marquer, mais on fait plus pour empêcher l’adversaire de toucher les filets. Sur mon côté, il y avait Afful et parfois Eneramo qui décroche lui aussi dans ma zone. J’ai parfois avancé pour soutenir Dhaouadi, mais il fallait également faire attention derrière».
Tactiques différentes
L’un des points positifs de ce match, c’est que les deux entraîneurs ont opté pour l’offensive avec au moins, de chaque côté, cinq joueurs pouvant participer activement
à la manœuvre d’attaque malgré l’immobilité offensive des arrières latéraux. Mahjoub a opté pour une option d’attaque qui débute derrière et passe par Alexis, Yahia puis les hommes de front, notamment Dhaouadi. Ça a marché tout de même. C’était un peu stéréotypé, mais c’est la grande forme affichée par Dhaouadi qui a fait la différence.
Cette fois-ci, le positionnement de Mouihbi dans l’axe n’a pas été très positif et les défenseurs sang et or ont pu facilement le mettre hors service. Dans l’autre camp, on ne comprend pas encore la titularisation de Bachtobji sur le côté droit de la défense. Il a passé une dure après-midi face à Dhaouadi et on ne peut s’en prendre à lui. Il a fait de son mieux, mais son rendement en dents de scie à ce poste a dévoilé l’entêtement du coach espérantiste à «ignorer» certains joueurs dont Sameh Derbali et Roger. Le fait de garder ces deux éléments sur le banc et faire appel à Bachtobji puis Boughanmi dénote d’une obstination incroyable de la part d’un technicien qui ne recule devant rien pour imposer des schémas tactiques non adéquates pour son équipe. Cette fois-ci, c’est Hichri qui a pu sauver les meubles in extremis, mais Benzarti a vraiment joué avec le feu, même si Maher Kanzari a défendu les choix de son patron: «Je trouve que l’équipe a eu de bons moments dans le match et qu’elle ne méritait pas de perdre. Nos choix ont été dictés par la disponibilité des joueurs et la manière de jouer de l’adversaire et je pense que le CA n’a mieux joué qu’après la sortie de Afful qui constitue l’un des joueurs de base. A défaut de dominer, nous étions bien appliqués et on a su revenir en fin de match malgré le moment délicat que nous vivons. Ceci veut dire que l’équipe a une âme et elle a gardé sa rage de vaincre».
Tel n’était pas l’avis de Lotfi Rouissi, l’adjoint de Mrad Mahjoub: «Nous avons mieux joué, surtout en seconde mi-temps. L’EST passe par une période un peu difficile et nous avons voulu en profiter. Nous étions les meilleurs et nous méritions de gagner. Quelques petits détails, dont l’arbitrage, en ont voulu autrement».
L’amertume se lisait sur les visages des Clubistes qui étaient à deux doigts de la victoire. Sur le terrain, Mahjoub s’est mieux exprimé, mais la chance était du côté de Benzarti.


Kamel ZAÏEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com